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Affaire Quatennens : le député LFI Manuel Bompard minimise la gifle de son collègue et suscite des critiques

"J'essaie de faire la part des choses : une gifle n'est jamais acceptable mais une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours", a déclaré l'élu des Bouches-du-Rhône vendredi, sur le plateau de CNews.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Manuel Bompard à Paris, le 21 septembre 2022. (THOMAS SAMSON / AFP)

Des propos jugés "abjects" et "honteux". Interrogé sur le plateau de CNews à propos de l'affaire Quatennens, vendredi 23 septembre, le député La France insoumise Manuel Bompard a déclaré : "Je ne minimise pas les faits (...), j'essaie de faire la part des choses : une gifle n'est jamais acceptable mais une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours et une gifle n'est pas égale à une personne qui est accusée de viols après avoir drogué les personnes qui l'accusent".

"Il faut qu'on arrive sur ces sujets à avoir de la nuance, à avoir des principes qu'on doit respecter, et il faut prendre en compte les paroles de celles qui s'expriment sur ce type de sujet", a-t-il poursuivi.

"Taisez-vous, maintenant, ça suffit"

Plusieurs personnalités ont vivement critiqué les propos de l'élu LFI. En premier lieu, la ministre déléguée à l'Egalité Femmes-Hommes, Isabelle Rome, sur Twitter : "Des propos abjects qui banalisent la violence. Des propos qui abîment le combat contre les violences faites aux femmes. Des propos qui vous discréditent totalement sur ce sujet."

"Taisez-vous, maintenant ! Ça suffit !!" a abondé dans un tweet Marlène Schiappa, qui a également tenu ce portefeuille ministériel, jugeant que ces propos "font un tort considérable au combat pour la protection des femmes face aux violences".

"Une gifle à sa conjointe est un délit"

Sur LCI, la députée EELV Sandrine Rousseau a en outre rappelé qu'"une gifle à sa conjointe est un délit". "C'est ça qu'il faut bouger parce que tous ces mots-là, ce sont des mots qui minimisent les actes", a-t-elle estimé.

"MAIS C'EST PAS POSSIBLE!  ", s'est également indignée la militante féministe et conseillère EELV de Paris Raphaëlle Rémy-Leleu, sur Twitter. "Ce que tu racontes avec les camarades insoumis depuis une semaine est insupportable. Ne parle plus des violences. Arrêtez au moins de nous faire souffrir. Trouvez le courage d'en parler avec une féministe et d'encaisser à la fois votre manque de connaissance du sujet, votre complaisance politique, ainsi que la douleur et la colère que vous générez", a-t-elle insisté.

A l'extrême droite, Julien Odoul (RN) a évoqué un "naufrage", tandis que Gilbert Collard (Reconquête) a estimé que "la hiérarchisation [des faits] est, en elle-même, insupportable !".

"Une mauvaise polémique" selon l'Insoumis

Quelques heures après ces réactions, Manuel Bompard a réagi dans un communiqué publié sur Twitter vendredi. Selon le député des Bouches-du-Rhône, il s'agit d'une "mauvaise polémique". "Je n'ai jamais dit, ni pensé, qu'une gifle n'était pas grave", écrit-il. 

"Je rappelle seulement des principes fondamentaux en droit : proportionnalité de la peine (...) et individualisation des peines (...). Par conséquent, une gifle ne sera pas sanctionnée aussi sévèrement que des coups répétés pendant des mois, voire des années", rappelle-t-il. Et le député de conclure : "La graduation ne sert non pas à minimiser les faits mais à adapter les réponses et les sanctions".

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