L'UMP se réunit ce samedi en pleine guerre des chefs

Les cadres départementaux se retrouvent samedi au siège de l'UMP. François Fillon a annoncé vendredi que son premier déplacement en tant que candidat à la présidence du parti sera lundi dans le Loiret. L'ancien Premier ministre est pour l'instant le seul à s'être déclaré, mais la guerre des chefs a déjà démarré.

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Les hostilités sont lancées. Depuis la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, l'UMP cherche son chef. Avec en ligne de mire, plus ou moins avouée : l'Elysée en 2017. Samedi une réunion de travail des cadres départementaux est prévue à huis-clos au siège de l'UMP. A l'ordre du jour : les dernières élections et la préparation du congrès de novembre. Mais ce sera aussi l'occasion pour Jean-François Copé et François Fillon de mesurer leur popularité auprès de la base, future maîtresse du destin des deux rivaux. Car si, officiellement, seul François Fillon s'est déclaré la semaine dernière, pro-Copé et pro-Fillon alimentent une guérilla quotidienne.

Premier déplacement du candidat Fillon lundi dans le Loiret

Agenda chargé pour l'ancien Premier ministre. François Fillon sera bien présent samedi au siège de l'UMP, malgré sa participation à la sixième édition de la course automobile du Mans Classic. Dans son entourage, certains prétendent que le secrétaire général de l'UMP,Jean-François Copé, aurait fait exprès de choisir cette date... Puis l'ancien Premier ministre entrera dans le vif du sujet, lundi, avec son premier déplacement en tant que candidat. Il se rendra dans le Loiret, à la rencontre de parlementaires, d'élus, de militants UMP, il visitera également une exploitation agricole, avant une réunion publique. A ses côtés pour cette première date de sa tournée, des soutiens de poids : Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez et Eric Ciotti. Autre personnalité qui se battra à ses côtés : l'ancien président du Sénat, Gérard Larcher, l'a annoncé jeudi sur LePoint.fr, indiquant que François Fillon "peut reconquérir les territoires et la confiance des Français ".

L'ex-Premier ministre a des atouts de poids pour remporter la bataille, notamment ses cinq années à Matignon mais également sa belle côte de popularité. Dans un sondage TNS Sofres/Sopra group pour i-Télé rendu public vendredi, 29% des personnes interrogées répondent que c'est lui qui "incarne le mieux l'opposition face au gouvernement" , devant Marine Le Pen (23%), Alain Juppé (16%), et Jean-François Copé (12%).

Jean-François Copé n'est pas "dans ce calendrier-là"

Son principal adversaire n'est pour l'instant pas officiellement déclaré. Le secrétaire général de l'UMP réaffirme régulièrement qu'il n'est pas dans "ce calendrier-là ". "Moi, ma première tâche, c'est l'animation du parti ", insiste Jean-François Copé. Il pourrait se lancer officiellement dans la course fin août. Mais cela ne l'a pas empêché, jeudi encore, de préciser ses différences avec François Fillon, élu dans le VIIe arrondissement de Paris quand lui est maire de Meaux, une "ville avec 53% de logements sociaux, 27 nationalités différentes, avec un ressenti d'une part de mes administrés qui connaissent une vie extrêmement modeste, difficile ".

Le secrétaire général de l'UMP pourrait s'appuyer sur un sérieux réseau, notamment avec son club politique Génération France. Il bénéficie également d'un allié de poids en la personne de Brice Hortefeux. "Si Jean-François Copé est un ami, François Fillon n'est pas un ennemi et je suis également très attentif à ce qu'exprime Alain Juppé ", déclarait l'ancien ministre vendredi matin dans une interview au Figaro. Les deux adjoints du secrétaire général de l'UMP pourraient également le soutenir. "Moi, l'ex-chasseur de têtes, je cherche le meilleur profil et pour moi -après, c'est son choix d'y aller ou de ne pas y aller...- il s'appelle Jean-François Copé ", a déclaré mercredi Marc-Philippe Daubresse.

Alain Juppé, troisième homme au-dessus de la mêlée

Le troisième homme dans la course surfe sur le duel fratricide Fillon/Copé et se pose comme la solution pour l'éviter. Alain Juppé a proposé il y a quelques jours d'installer une "équipe collégiale" à la tête de l'UMP, qu'il dirigerait, en échange de son engagement à ne pas être candidat à la présidentielle de 2017. "Il faut débattre de ce que propose Alain Juppé avant de l'écarter " a réagi jeudi l'ancien président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer.

Les outsiders

Y-a-t-il d'autres candidats en embuscade ? "Je ferai part de ma position à la fin de l'été, après avoir réuni mes amis et en avoir discuté avec eux ", a expliqué Xavier Bertrand mercredi sur France Info, considéré pourtant comme un soutien de François Fillon. "Il y a nécessité de casques bleus si j'en juge par les toutes premières interventions et les déclarations après la candidature de François Fillon ", a également commenté Xavier Bertrand dans une interview dans Les Echos vendredi matin.

François Baroin et Bruno Le Maire n'ont pas écarté de se présenter.  Nathalie Kosciusko-Morizet, elle, a également indiqué qu'elle "prendrait une décision " sur la présidence de l'UMP après une tournée des fédérations "en juillet ".

"Je rappelle que l'élection du futur président de l'UMP doit être un exercice sérieux et la multiplication hasardeuse des candidatures à la candidature ne doit pas la rendre comique ", a prévenu Brice Hortefeux. 

Fin du sketch, après les tournées d'été, le mardi 18 septembre : les candidats auront jusqu'à 20 heures ce jour-là pour se déclarer. Le vote des militants aura lieu les 18 et 25 novembre.