Kofi Annan était "certainement" le "meilleur secrétaire général de l'ONU", selon Dominique de Villepin

L'ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a réagi samedi sur franceinfo à la mort de l'ancien secrétaire général de l'ONU.

Kofi Annan en compagnie de Dominique de Villepin en 2006.
Kofi Annan en compagnie de Dominique de Villepin en 2006. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Kofi Annan était "certainement" le meilleur secrétaire général de l'ONU, a réagi sur franceinfo Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, après l'annonce de sa mort, samedi 18 août, à l'âge de 80 ans.

"C'était un homme qui combinait deux forces exceptionnelles. Il portait l'idéal des Nations unies, de la sécurité collective, du respect du droit sur la force et en même temps c'est un homme d'engagement", poursuit-il.

Il essayait en permanence de faire bouger les lignes, de faire avancer la recherche de la paix et de la justice à travers le mondeDominique de Villepinà franceinfo

Kofi Annan connaissait "les rapports de force entre les États, le jeu des intérêts, mais ne s'en satisfaisait pas", explique Dominique de Villepin. L'ancien ministre des Affaires étrangères rappelle que Kofi Annan avait été particulièrement marqué par la crise rwandaise et la crise bosniaque. "Cela l'avait amené en permanence à s'engager personnellement avec toujours sa sagesse et sa courtoisie légendaire. Cela a particulièrement été le cas lors de la crise irakienne où il a véritablement accompagné les efforts de la France. Pour Jacques Chirac, il a véritablement été un homme de confiance, de conseil."

En 2003, au moment de la guerre en Irak, Dominique de Villepin avait prononcé un discours à l'ONU pour dire que la France refusait d'engager ses troupes. Kofi Annan était présent à ses côtés. "Il y avait ce lien magique, cette connaissance et cet amour de Jacques Chirac pour l'Afrique", raconte l'ancien Premier ministre. "Pour Kofi Annan, qui était africain, un homme du Ghana, il avait en Jacques Chirac un homme qui le soutenait dans ce combat pour éviter que les puissants ne cherchent en permanence à tirer l'avantage."

Kofi Annan avait cette conviction que la France avait un rôle particulier à jouer sur la scène internationale.Dominique de Villepinà franceinfo

En 2004, les relations entre Kofi Annan et les États-Unis vont se gâter à cause de la guerre en Irak. "C'était un secrétaire général qui n'avait pas peur. L'idéal l'emportait sur le reste, il faisait face, il tenait tête", conclut Dominique de Villepin