Jean Jaurès, assassiné il y a 100 ans : un héritage très convoité

François Hollande va rendre ce jeudi hommage à Jean Jaurès, assassiné il y a 100 ans à Paris. Une figure de gauche qui aujourd'hui fait l'objet de récupérations par (presque) tout l'échiquier politique. De l'extrême gauche bien sûr, au Front national, tous se réclament en partie héritiers de ses valeurs ou son action.

(Le monument en hommage à Jean Jaurès dans la ville où il était député, Carmaux dans le Tarn © Maxppp)

Jeudi matin, François Hollande a rendez-vous, peu avant 10h, au Café du Croissant, en plein Montmartre à Paris. Là, il y a 100 ans jour pour jour, à la veille de la Première Guerre mondiale, Jean Jaurès était assassiné en plein jour. Le président de la République va rendre hommage à cet homme, figure emblématique de la gauche et pacifiste engagé, aux côtés du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel et du Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis. Depuis plusieurs années, Jean Jaurès est l'objet de convoitises. 

Le fondateur de L'Humanité fait aujourd'hui l'unanimité. Tout l'échiquier politique français l'a aujourd'hui récupéré. À droite, c'est Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République en 2007, qui avait commencé : "Jaurès a été trahi par la gauche de Lionel Jospin, de Ségolène Royal et de François Hollande ! Pourquoi avez-vous oublié ce grand homme ? "

La gauche entre malaise et exaspération

La gauche n'a pas oublié Jean Jaurès, mais quand François Hollande s'est rendu, le 23 avril dernier, à Carmaux, dans la ville qui le fit député, l'accueil a été plutôt mouvementé. Certains manifestants l'avaient accueilli aux cris de "Jaurès n'était pas comme vous ! " ou encore certains déclaraient : "Pour moi, il nous vole ce que nous sommes en tant que socialistes "...

Encore plus étonnant, le Front national s'y est mis en 2009 ; des affiches affirmaient que Jean-Jaurès aurait voté FN s'il était encore en vie. De quoi provoquer le courroux de Jean-Luc Mélenchon, dimanche dernier : "Faire parler les morts pour endormir les vivants, l'arnaque ! " s'est étranglé celui qui est encore le co-président du Parti de Gauche devant l'avalanche d'hommages et alors que lui aussi s'était rendu à Carmaux en avril dernier. "Je n'essaierai pas de me l'approprier " a-t-il affirmé. Signe de l'exaspération de la gauche de la gauche face à ces récupérations successives, le titre de la tribune publiée par le patron du Parti communiste Pierre Laurent il y a quelques jours : "Taisez-vous et laissez parler Jaurès ".