Renforcement du dispositif 1 000 cafés : "Cela va permettre de pouvoir soutenir des indépendants" qui sont fragilisés, estime Chloé Brillon

Le café du village, "un lieu de vie indispensable", pour permettre aux habitants "de se retrouver", et "de lutter contre le phénomène de village dortoir", assure Chloé Brillon, présidente de l’initiative "1 000 cafés".

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Le programme 1 000 cafés souhaite redynamiser les communes de moins de 3 500 habitants en rouvrant des commerces de proximité sous forme de cafés multiservices. (JAVIER ETXEZARRETA / EFE)

Un renforcement du dispositif 1 000 cafés, créé en 2019 pour redynamiser les communes de moins de 3 500 habitants en rouvrant des commerces de proximité sous forme de cafés multiservices là où il n’y en a plus, a été annoncé par Jean Castex.

Ce dispositif sera élargi aux cafés ruraux fragilisés. "Cela va permettre de pouvoir soutenir des indépendants", a expliqué sur franceinfo Chloé Brillon, directrice du secteur Action Territoriale du Groupe SOS et présidente de l’initiative "1 000 cafés".

franceinfo : Que vont permettre les annonces de Jean Castex ?

Cela va permettre de pouvoir soutenir des indépendants. On va ouvrir une expertise de réseaux, de gérants, de municipalité pour les aider à développer du multiservice. Quand on est derrière son comptoir et qu'on gère son café c'est parfois compliqué de comprendre toute l'ingénierie nécessaire pour développer une programmation culturelle, un service de mobilité. On va les accompagner pour développer cet aspect multiservice et à renforcer des compétences de gestion.

Combien de cafés multiservices ont vu le jour ?

On a travaillé avec une centaine de gérants et de municipalités, mais aussi d'habitants, pour rouvrir des cafés multiservices. Ce sont à la fois des lieux de convivialité et des lieux de services de proximités dans lesquels on va pouvoir retrouver de l'épicerie, de la presse, des relais postaux, en fonction des besoins de chaque commune. C'est un véritable travail de dentelle que l'on a tissé ces derniers mois malgré une période compliquée, puisqu'on a ouvert les premiers établissements pendant la période de confinement.

Quel a été l'impact de la crise sanitaire ?

On s'est dit qu'on devait pouvoir ouvrir toute l'expertise de ce réseau 1 000 cafés à destination de cafés ruraux qui existent et qui sont aujourd'hui en fragilité. Ces derniers mois on a ouvert des cafés, rouvert des cafés, mais on s'est aussi dit que compte tenu de la crise on devait être en capacité de soutenir des cafés ruraux qui existent et qui parfois menacent de fermer alors qu'ils sont le dernier lieu de convivialité du village.

Avez-vous vu la différence ? Qu'est-ce que cela change au quotidien ?

Rouvrir le café du village c'est un projet fédérateur dans la commune, cela implique la municipalité, les habitants. Il faut qu'ils s'interrogent sur les services, l'identité du lieu, comment ils veulent le voir vivre. La réouverture du café et sa vie au long cours, cela permet à des habitants de se retrouver, à des voisins qui ne faisaient que se croiser de se rencontrer, et puis de lutter contre le phénomène de village dortoir. Cela crée un lieu de vie indispensable.

Est-ce que cela attire de nouveaux habitants ?

Oui. Parfois cela crée le déclic pour ceux qui viennent de milieux urbains. Il faut qu'ils voient ce qu'ils vont trouver dans le village, des écoles, quels types d'offres et le café village contribue à animer cette vie et est le support d'initiatives locales. Le fait de rouvrir le café va renforcer l'attractivité du village et ils vont développer des services comme de la restauration ou une programmation culturelle. On a envie de le voir comme un terreau d'attractivité.

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