VIDÉO. La "position" de Gérald Darmanin, "comme ministre de l'Intérieur", n'est pas "tenable du point de vue de l'honneur politique" selon Aurélien Pradié (LR)

Le secrétaire général de Les Républicains et député de la première circonscription du Lot a estimé jeudi matin sur franceinfo que la déclaration de Gérald Darmanin sur les violences policières était "plus que déplacée".

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Aurélien Pradié, secrétaire général de Les Républicains et député de la première circonscription du Lot, a estimé jeudi 30 juillet matin sur franceinfo que la déclaration de Gérald Darmanin sur les violences policières était "plus que déplacée". Selon lui, "lorsqu'on est ministre de l'Intérieur, on pèse ses mots ou on se tait". Et il va plus loin en estimant que la position de Gérald Darmanin, n'est pas tenable "du point de vue de l'honneur politique" et "comme ministre de l'Intérieur". "Quand j’entends le mot violences policières, je m’étouffe", déclarait ainsi Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, en choquant notamment la famille de Cédric Chouviat, le livreur mort lors de son interpellation et qui avait crié "j'étouffe" aux policiers.

L'expression de Gérald Darmanin ''plus que déplacée''

"Quant à l'expression de Gérald Darmanin, je la trouve plus que déplacée, poursuit Aurélien Pradié. La parole d'un ministre de l'Intérieur compte. On ne fait pas de petites blagues, on ne fait pas de trait d'humour noir ou sinistre comme cela, et on ne prononce pas ces phrases d'étouffement parce qu'on sait que ça résonne dans notre société. Si on ne veut pas mettre le feu à la société, lorsqu'on est ministre de l'Intérieur, on pèse ses mots ou on se tait".

Le secrétaire général des Républicains ne sait pas si la déclaration de Gérald Darmanin est une maladresse ou une provocation : "Je ne suis pas dans sa tête et c'est plutôt une bonne nouvelle d'ailleurs. En tout cas, s'il ne l'a pas fait sciemment, c'est qu'il a besoin sûrement de reconsidérer ce qu'est sa mission de ministre de l'Intérieur et je le redis, ou de peser ses mots ou de se taire. Parfois, ça ne fera pas de mal à Gérald Darmanin de se taire", a-t-il insisté.

Visé par une enquête pour viol, la nomination de Gérald Darmanin au gouvernement est aussi fortement critiquée par les féministes. Aurélien Pradié a affirmé que "la présomption d'innocence est un principe fondamental, une démocratie dans laquelle il n'y a plus de présomption d'innocence est une démocratie qui crève''.

Une démocratie où il n'y a plus d'honneur politique, plus de dignité politique est aussi une démocratie qui crève.

Aurélien Pradié

à franceinfo

"Son comportement et ceux qui l'ont nommé dégradent la fonction politique et peut-être que ce que je dis va vous paraître hors du temps, mais je crois à une forme d'honneur en politique. Le comportement que manifestement a eu Gérald Darmanin n'est peut-être pas répréhensible par la loi, ce n'est pas à moi de le dire, mais à la justice. Est-ce qu'il est, du point de vue de la dignité politique, de l'honneur politique, tenable ? Est-ce que sa position comme ministre de l'Intérieur est tenable aujourd'hui? Je pense que non", a-t-il affirmé.

Aurélien Pradié, sur franceinfo jeudi 30 juillet.
Aurélien Pradié, sur franceinfo jeudi 30 juillet. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)