Loi "sécurité globale" : l'interdiction de diffuser des images de policiers est fortement critiquée

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a été interpellé sur la mesure la plus controversée de la proposition de loi sur sur sécurité globale : elle prévoit d'interdire la diffusion d'images qui permettraient d'identifier les policiers.

France 3

Des photos de policiers sur les réseaux sociaux, des menaces en ligne, par courrier ou directement sur la porte de leur domicile : des fonctionnaires se disent harcelés. Les cas de violences contre les policiers ont incité des députés de La République en marche à proposer un article de loi pour limiter la diffusion d'images des forces de l'ordre. La proposition de loi sanctionne le contrevenant d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende. Mais sera-t-il encore possible de filmer des images de violences policières ? 

Les syndicats de journalistes remontés

Le gouvernement assure que seule la diffusion avec l'intention de nuire sera considérée comme un délit. "Est-ce que les journalistes pourront continuer à filmer ? La réponse est oui", promet le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Remontés contre la proposition de loi, les syndicats de journalistes et associations des droits de l'homme ont manifesté mardi 17 novembre devant l'Assemblée nationale. Pour le journaliste David Dufresne, spécialiste des violences policières, les enjeux sont plus vastes : "Tout ce à quoi on assiste depuis deux, trois ans, c'est-à-dire l'éclosion d'une documentation sur certaines pratiques policières, serait tarie, et c'est évidemment ça le but de la manoeuvre."

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Manifestation contre la proposition de loi \"sécurité globale\" devant l\'Assemblée nationale à Paris, le 17 novembre 2020.
Manifestation contre la proposition de loi "sécurité globale" devant l'Assemblée nationale à Paris, le 17 novembre 2020. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)