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Inscription sur les listes électorales : le gouvernement privilégie la com' sur le Web

Le gouvernement affirme consacrer un budget plus important qu'en 2006 à la campagne d'incitation à s'inscrire sur les listes électorales. Une campagne qui se déploie surtout sur le Web, choix qui favorise la population la plus connectée.
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France Télévisions
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Inscription sur les listes électorales dans la marie du XIe à Paris, en 2006 (AFP)

Le gouvernement affirme consacrer un budget plus important qu'en 2006 à la campagne d'incitation à s'inscrire sur les listes électorales. Une campagne qui se déploie surtout sur le Web, choix qui favorise la population la plus connectée.

Le Parti socialiste estime que "le gouvernement, rompant avec tous les usages républicains, se refuse à organiser une campagne de communication digne de ce nom pour l'inscription sur les listes électorales". Réponse du ministère de l'Intérieur : le budget de la campagne 2011 (180 000 euros) est nettement supérieur à celui de 2006 (30 000 euros). En y regardant de plus près, l'essentiel est consacré à une campagne sur la Toile, qui touche pourtant moins largement la population que l'affichage, la radio ou la télé.

180 000 euros de campagne de pub... dont 150 000 sur le Web

"La droite craint-elle le vote de la jeunesse ?" se demande le Parti socialiste, déplorant que le gouvernement "n'organise pas une campagne digne de ce nom" pour l'inscription sur les listes électorales. Et d'ajouter : "on estime pourtant aujourd'hui à 9% du corps électoral le nombre de Français non inscrits", malgré l'inscription automatique des primo-votants.

La réplique du ministère de l'Intérieur tient en deux chiffres : le gouvernement consacre 181 000 euros à la campagne de communication 2011 pour inciter les Français à s'inscrire ou à se réinscrire (en cas de déménagement) sur les listes électorales, contre 30 000 euros en 2006. Mais l'essentiel de cette somme - 150 000 euros - est déployé sur le Web, à l'usage de la population la plus aisée ou la plus en phase avec les outils numériques.

S'inscrire en ligne... pas si simple

Cette campagne sert aussi à promouvoir la nouveauté de l'année, le "téléservice d'inscription en ligne sur les listes électorales". Des bandeaux de publicité sur Orange, MSN ou les portails institutionnels renvoient à mon.service-public.fr. .

La démarche d'inscription, selon le site du ministère de l'Economie, est "simple et gratuite". Simple, vraiment ? Il faut s'inscrire, remplir les formulaire, scanner ses papiers d'identité. Autant de démarches qui ne sont pas forcément évidentes pour les catégories de la population les moins bien équipées ou les moins jeunes.

Petit détail supplémentaire : seules "330 communes où vivent 10 millions de Français proposent" à leurs "administrés ce dispositif expérimental en ligne". Nous avons testé : ni Marseille ni Lyon (entre autres) ne sont partenaires du dispositif.

Pourquoi le choix du web a-t-il été privilégié ?

Au bout du compte, on peut s'interroger sur le choix du ministère de l'Intérieur de privilégier à ce point une campagne éclatée sur Internet plutôt que de passer par des médias grand public touchant plus largement la population.

La sociologue Céline Braconnier l'avait dit lors d'un colloque à l'Ecole des hautes études en sciences sociales : pour encourager l'électorat le plus abstentionniste - souvent le plus populaire - à s'inscrire ou à voter, rien n'a encore remplacé la télévision.

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