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Hollande et les "Français de souche" : la polémique en trois actes

En utilisant l'expression "Français de souche" dans son discours lors du dîner du Crif, François Hollande a déclenché plusieurs réactions d'incompréhension dans son propre camp. Avant que certains proches viennent à sa rescousse.

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François Hollande lors de son discours au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), le 23 février 2015, à Paris. (ETIENNE LAURENT / AFP)

C'est la polémique du jour. François Hollande a suscité de vives réactions, mardi 24 février, au lendemain de son discours lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), discours au cours duquel il a repris l'expression "Français de souche", jusque-là utilisée par l'extrême droite. "Pour ceux qui m'ont entendu hier, il n'y avait aucune ambiguïté", a commenté mardi après-midi François Hollande, pour clore la polémique.

Acte 1 : François Hollande parle de "Français de souche"

"'Français de souche', comme on dit." C'est en effet ainsi que le chef de l'Etat a qualifié les cinq jeunes mis en examen pour la profanation du cimetière juif dans le Bas-Rhin.

"J'étais la semaine dernière à Sarre-Union, dans ce cimetière dévasté par de jeunes lycéens, 'Français de souche' comme on dit", a développé le président de la République. Une manière de souligner que ces jeunes n'étaient pas d'origine étrangère, ni de confession musulmane, alors que le président du Crif, Roger Cukierman, avait lâché quelques heures plus tôt que "toutes les violences antisémites sont commises par des jeunes musulmans".

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Acte 2 : des élus de gauche dénoncent "une faute"

La sortie de François Hollande n'a pas plu à tout le monde. "Plus qu'une maladresse, une faute", a lâché sur Twitter l'ancienne ministre socialiste Aurélie Filippetti. Un message retweeté par l'ancienne compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, et visiblement partagé par le député PS Arnaud Leroy et le député EELV Sergio Coronado, mais aussi par la présidente des Jeunes socialistes, Laura Slimani.

Acte 3 : des proches du chef de l'Etat à la rescousse

André Vallini est un de ceux qui réagissent le plus vivement à la polémique sur l'utilisation de l'expression "Français de souche" par François Hollande, lors du dîner du Crif. "Parler de juifs, de musulmans ou de Français de souche n'a aucun sens !" explique à francetv info le secrétaire d'Etat chargé de la Réforme territoriale.

Très remonté contre ce qu'il estime être "une polémique stupide et hallucinante", André Vallini appelle à "stopper l'hystérie collective". "Le président de la République a utilisé 'Français de souche' au second degré, pour signaler que des gens utilisent cette expression aujourd'hui, s'est-il emporté. Et pour sortir de cette vision qui divise et fracture la société, il nous faut la culture et l'éducation."

C'est aussi la réaction d'Olivier Faure, député socialiste de la 11e circonscription de Seine-et-Marne, sur Twitter. Il en profite aussi pour répondre à Aurélie Filippetti.

Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, est sur la même ligne. Si François Hollande a utilisé cette expression lors d'un discours devant le Crif, c'est pour mieux la dénoncer et la combattre, a-t-il déclaré sur BFMTV et RMC mardi matin. Le chef d'Etat a utilisé "des guillemets", a ajouté l'élu socialiste, estimant que le président dénonçait alors le terme. "Il y avait des guillemets que l'on ne voit pas dans un discours", a-t-il insisté.

"Je récuse, tout comme François Hollande, cette expression de 'Français de souche', qui a été utilisée là pour montrer qu'il y a aujourd'hui, dans notre pays, un vocabulaire autour de cette expression. Je ne partage pas cette expression difficile à définir d'ailleurs", a martelé Bruno Le Roux.

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