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Henri Guaino : les mots "travail", "famille" et "patrie" n'appartiennent pas plus à Pétain que "socialisme" à Hitler

Depuis deux semaines, la campagne des petites phrases vole au ras des pâquerettes. Comparaisons malheureuses, slogans douteux : à droite comme à gauche, les références aux années 1940 se font de plus en plus insidieuses. Et n'élèvent pas le débat.
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Henri Guaino, la plume du président, revient sur la connotation du mot "travail" (AFP)

Depuis deux semaines, la campagne des petites phrases vole au ras des pâquerettes. Comparaisons malheureuses, slogans douteux : à droite comme à gauche, les références aux années 1940 se font de plus en plus insidieuses. Et n'élèvent pas le débat.

Sur Internet, le point Godwin définit le moment où une discussion houleuse vire à la référence au nazisme. Plus la dispute est animée et les idées contradictoires, plus la probabilité de faire appel aux années 1940 se rapproche de 1.

Dernier exemple en date, jeudi 26 avril, Henri Guaino, invité des "4 Vérités" sur France 2, est revenu sur la comparaison polémique de L'Humanité, qui rapprochait les termes de Nicolas Sarkozy sur "le vrai travail" et la devise de Philippe Pétain, "Travail, famille, patrie".

"Ca me rappelle cette sinistre page de L'Humanité où on mettait un portrait de Pétain et de Nicolas Sarkozy. C'est absolument lamentable comme présentation. Ce n'est pas parce que le maréchal Pétain a parlé un jour de la famille, de la patrie et du travail, qu'il ne faut plus parler du travail, de la famille et de la patrie. (...). Vous savez comment s'appelait le parti du chancelier Hitler ? Ca s'appelait le parti national-socialiste. Faut-il dès lors ne plus jamais parler de socialisme ?"

Mercredi 24 avril, sur Twitter, Nadine Morano a fait partager à ses 72 500 abonnés du réseau de micro-bloging un message de l'Abbé Grosjean, prêtre du diocèse de Versailles, où il rappelait que le travail, la famille et la patrie n'étaient pas l'apanage de Pétain.

"NS pour National Socialisme"

A gauche, le maire PS du 14e arrondissement de Paris, Pascal Cherki, a publié un tweet, mercredi 24 avril, comparant la tentative de séduction des électeurs du Front national par le candidat-président et les offensives d'Adolf Hilter avant la Seconde guerre mondiale.

"Au rythme où il va Sarkozy va terminer la campagne en réclamant l'annexion des Sudètes et de Dantzig et va déclarer la guerre à la Pologne." a-t-il tweeté, avant de supprimer son message et de s'en justifier :

Le soir du dernier meeting de campagne de Marine Le Pen, mardi 17 avril au Zénith de Paris, l'ancien président du parti d'extrême droite, Jean-Marie Le Pen, s'était fendu à son arrivée d'une interprétation personnelle des initiales de Nicolas Sarkozy.

"L'autre jour pour son meeting à la Concorde, on se serait cru à Nuremberg, avec écrit 'NS' partout. Ce sont les initiales de 'National socialisme' non ?"

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