Restitution du grand débat : "Il y avait un compromis à trouver entre l'exhaustivité et l'urgence des politiques"

Selon nos informations, la synthèse présentée lundi par le gouvernement après le grand débat national n'a pris en compte que la moitié des contributions faites hors ligne, faute de temps. Isabelle Falque-Pierrotin, l'une des cinq garants du grand débat national, renvoie la balle au gouvernement.

Restitution du Grand débat national au Grand Palais, à Paris, le 8 avril 2019.
Restitution du Grand débat national au Grand Palais, à Paris, le 8 avril 2019. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

"Il y avait un compromis à trouver entre l'exhaustivité totale de la restitution, qui évidemment était ce qu'il y avait de mieux, et l'urgence à la fois des politiques et de la presse", répond sur franceinfo Isabelle Falque-Pierrotin, l'une des cinq garants du grand débat national, alors que selon nos informations la synthèse présentée par le gouvernement, lundi, n'a pris en compte que la moitié des contributions faites hors ligne, faute de temps.

"C'est à eux d'en assumer les conséquences"

"Nous, il nous est apparu acceptable de laisser passer une première restitution sachant qu'on a bien demandé que l'ensemble du gisement soit rendu disponible très prochainement", a-t-elle encore justifié. À la question de savoir si le gouvernement est allé trop vite, Isabelle Falque-Pierrotin a estimé qu'il s'agit là de "la responsabilité politique du gouvernement, pas celle des garants. C'est à eux d'en assumer les conséquences."

"On a considéré que la restitution était crédible", rappelle aussi la garante. "Sur le nombre de participants, est-ce qu'il y a 11 ou 25 participants par cahier citoyens ? s'interroge-t-elle. Il faudra probablement étudier l'ensemble de ce gisement pour savoir ce qu'il en est." "C'est, selon Isabelle Falque-Pierrotin, la même chose sur les réunions d'intérêt local." Le gouvernement a dit qu'il y avait en moyenne 50 participants mais une étude du CEVIPOF dit récemment plutôt 70. Il est clair, et les garants en sont bien conscients, qu'il y a une sorte de toilettage des chiffres qu'il va falloir faire à partir du gisement complet." "Nous avons dit dans notre rapport que cette première restitution est acceptable parce qu'il y a un pourcentage grossièrement satisfaisant de la masse à analyser."