Grand débat : les PME demandent "l'instauration d'un bouclier fiscal" et "d'être moins taxées sur les bénéfices"

Laurent Charvoz, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises dans l'Indre, a expliqué, jeudi sur franceinfo, que la venue d'Emmanuel Macron dans son département était l'occasion de lui signifier certaines revendications.

Le logo de la CPME, le 6 mars 2017.
Le logo de la CPME, le 6 mars 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Emmanuel Macron se rend dans l'Indre pour rencontrer des chefs d'entreprises, jeudi 14 février. Laurent Charvoz, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) dans l'Indre, estl'invité de franceinfo. Il doit participer aux échanges avec le président de la République, qui a prévu de rencontrer des maires et des entrepreneurs à Gargilesse-Dampierre puis à Châteauroux-Déols.

franceinfo : Le grand débat national a commencé depuis plus d'un mois. Ce qui en est ressorti jusqu'à présent vous permet-il d'espérer qu'il ressorte quelque chose de cette rencontre ?

On souhaitait ce point d'échange avec les PME. Au niveau national François Asselin [président de la CPME] avait appelé de ses vœux une concertation. Je crois qu'il est toujours temps de l'organiser. En tout cas, je suis très heureux aujourd'hui que le président ait décidé, sur un territoire rural spécifique, de rencontrer des chefs d'entreprises pour mieux comprendre les problématiques qui nous animent mais aussi les propositions concrètes, simples, sur lesquelles, on attend des réponses. Ce que demandent les PME, c'est d'instaurer des choses concrètes, lisibles, simples, faciles à mettre en œuvre. Il faut qu'on reprenne confiance et le climat aujourd'hui n'est pas un climat de sérénité qui peut permettre aux chefs d'entreprises, dans les PME, d'avoir une visibilité suffisante pour s'investir et investir pour l'avenir.

Qu'allez-vous demander à Emmanuel Macron ?

Nous souhaitons qu'on nous fasse plus confiance, qu'on ait un allègement des contraintes qui pèsent sur nous et qu'on puisse se consacrer plus encore au développement de nos entreprises, et pas à gérer de l'administratif. (…) On a des demandes très claires sur l'instauration d'un bouclier fiscal pour les artisans et commerçants. On sent qu'il y a une souffrance aujourd'hui, particulièrement une fragilité sur ces entreprises. Il y a aussi une volonté d'être moins taxés sur les bénéfices pour les entreprises qui les réinjectent dans l'outil de travail, en particulier dans l'outil de production.

Le recrutement est-il aussi un problème, notamment dans une zone rurale comme l'Indre ?

Le recrutement est une source d'inquiétude puisque recrutement égale formation. On voit que les formations sont recentrées sur les métropoles, ainsi que l'activité. La grande inquiétude des chaînes d'entreprises en zone rurale est de pouvoir trouver la main d'œuvre, la fidéliser, la garder, la former, et ensuite trouver des marchés localement. On voit qu'il y a une sorte d'aspiration de la valeur ajoutée et de l'investissement sur les métropoles et qu'à 100 km des métropoles, les entreprises ont du mal à trouver des marchés rentables avec de la valeur ajoutée. Et assurer la formation, ça coûte cher. Il n'y a pas que des bonnes nouvelles dans la réforme de la formation. On aura à discuter avec le président de certaines mesures qui vont à l'encontre de notre volonté de qualifier nos salariés et d'aller plus avant sur des marchés bien plus porteurs.