Une organisation d'artisans et commerçants propose des stages de "gestion d'entreprise" à quatre ministres

L'Union des entreprises de proximité (U2P) publie dans la presse des "conventions de stage" aux noms du Premier ministre, Edouard Philippe, mais aussi de Muriel Pénicaud, Bruno Le Maire et Jean-Michel Blanquer.

Capture d\'écran de la campagne publicitaire de l\'organisation U2P, dans l\'édition numérique du \"Figaro\" du 26 juin 2019.
Capture d'écran de la campagne publicitaire de l'organisation U2P, dans l'édition numérique du "Figaro" du 26 juin 2019. (U2P / FRANCEINFO)

Imaginez une ministre en stage dans une entreprise de maçonnerie. C'est l'idée de l'Union des entreprises de proximité (U2P), organisation patronale qui représente 2,8 millions d'artisans, commerçants de proximité et professions libérales. L'organisation lance, mercredi 26 juin, une campagne de sensibilisation en invitant quatre membres du gouvernement à "venir découvrir le quotidien de nos entreprises".

Dans des annonces publiées dans la presse quotidienne et sur les réseaux sociaux, des photos de conventions de stage au nom du Premier ministre, Edouard Philippe, de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, et du ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer. Les stages fictifs de "gestion d'entreprise" se déroulent respectivement chez un pharmacien à Vernon (Eure), un maçon-carreleur à Chambéry (Savoie), un hôtelier-restaurateur à Strasbourg (Bas-Rhin) et un fleuriste à Nevers (Nièvre).

"Les membres du gouvernement pensent connaître les réalités de l'artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales, mais ne prennent pourtant pas les mesures adaptées", selon le message accompagnant ces fausses conventions de stage.

Impôts, apprentissage et fracture territoriale

"On est un pays où les lois et règles ont toujours été conçues pour et par les grandes entreprises", selon le président de l'U2P, Alain Griset. "Ce n'est pas le combat des grands contre les petits, car des grands groupes, il en faut", mais les entreprises artisanales sont trop souvent absentes des préoccupations des pouvoirs publics, estime le président de l'U2P. Ainsi, le gouvernement fait baisser le taux de l'impôt sur les sociétés (IS), "mais la moitié de nos entreprises ne sont pas à l'IS, mais à l'impôt sur le revenu", rapporte Alain Griset, dont l'organisation réclame une mesure compensatoire pour les entreprises dont les impôts ne baissent pas.

Très favorables, à l'origine, à la réforme de l'apprentissage, les artisans se sont rendu compte que "sur certains contrats, le maître d'apprentissage perd entre 1 000 et 1 500 euros par an", affirme-t-il encore. Autre sujet de mécontentement, la fracture territoriale et la désertification des centres des villes petites et moyennes pour lesquels le président de l'U2P "demande l'arrêt de nouvelles implantations de la grande distribution" en périphérie des agglomérations.