Suppression de postes dans l'Éducation nationale : ce secteur "devait rester une priorité et on voit bien que ça ne l'est plus"

"On est en train de mentir aux familles et aux élèves", dénonce Frédérique Rolet, du Snes-Fsu, après l'annonce du ministre de l'Éducation.

Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-Fsu, le 3 avril 2014.
Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-Fsu, le 3 avril 2014. (SOLLIER CYRIL / MAXPPP MAXPPP)

"L'éducation nationale devait jusqu'ici rester une priorité et on voit bien que ça ne l'est plus", regrette sur franceinfo dimanche 16 septembre Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-Fsu (Syndicat national des enseignements de second degré). Elle réagit à l'annonce, par le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de la suppression de 1 800 postes dans son secteur. Il assure que ces réductions d'effectifs concerneront le second degré et les services administratifs et seront compensées par la possibilité d'imposer une deuxième heure supplémentaire aux enseignants.

"Moins de profs et plus d'élèves"

Une nouvelle qui déclenche "beaucoup de colère" pour Frédérique Rolet, du Snes-Fsu. Selon elle, cette décision va se traduire par des classes encore plus chargées : "Ce qu'il faut savoir, c'est que le second degré est en expansion démographique, donc ça se résume très simplement, on va avoir moins de profs et plus d'élèves. L'idée d'imposer une deuxième heure supplémentaire apportera peu de moyens en plus, puisque du fait du manque de postes, on est déjà quasiment à une moyenne de deux heures supplémentaires par professeur."

On se doutait bien que la réforme du lycée était notamment faite pour supprimer des postes.Frédérique Roletà franceinfo

"Dans cette réforme du lycée, il est dit qu'il faudra mutualiser les enseignements, donc tout le monde n'aura plus le droit à une offre de formation riche dans tous les lycées. On se doutait donc bien que le second degré serait sacrifié, mais là, on est en train de mentir aux familles et aux élèves", conclut Frédérique Rolet.