Pourquoi le premier gouvernement de l'ère Macron ne tient pas toutes ses promesses

Le gouvernement d'Edouard Philippe, nommé mercredi, est-il vraiment paritaire, vraiment renouvelé, vraiment resserré ? Franceinfo vérifie les promesses du président de la République.

Edouard Philippe regarde l\'annonce de la composition du gouvernement, depuis Matignon, le 17 mai 2017. 
Edouard Philippe regarde l'annonce de la composition du gouvernement, depuis Matignon, le 17 mai 2017.  (JOEL SAGET / AFP)

Paritaire, resserré, renouvelé... Emmanuel Macron avait promis le "renouveau" pour la composition de son premier gouvernement, nommé mercredi 17 mai. La promesse est-elle tenue ? Franceinfo a vérifié. 

Parce qu'il est paritaire, mais pas égalitaire

Dix-huit ministres (neuf femmes, neuf hommes) et quatre secrétaires d'Etat (deux femmes, deux hommes) : le gouvernement est paritaire. Dans le détail, les trois ministres d'Etat – un titre honorifique qui atteste du poids dans le gouvernement –sont des hommes (Gérard Collomb à l'Intérieur, François Bayrou à la Justice, Nicolas Hulot à la Transition écologique et solidaire). Seule une femme hérite d'un poste régalien : Sylvie Goulard au ministère des Armées. 

Les hommes se repèrent majoritairement à leur parcours politique (Gérard Collomb, François Bayrou, Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire…), quand les femmes sont plus issues de la société civile (Agnès Buzyn, Françoise Nyssen, Muriel Pénicaud, Frédérique Vidal, Laura Flessel...). "S’il respecte strictement la parité, le gouvernement Macron renoue également avec les vieilles habitudes. Aux postes clés (Intérieur, Justice, Education, Environnement, Quai d’Orsay, Bercy ainsi que le porte-parolat) ne figurent que des hommes", note Le Monde

Promesse non tenue pour Emmanuel Macron : celle de la création d'"un ministère plein et entier des Droits des femmes". Finalement, Marlène Schiappa hérite d'un secrétariat d'Etat chargé de l'Egalité des femmes et des hommes. 

Alors candidat, Emmanuel Macron avait aussi dit sa volonté de nommer une femme Première ministre, sans toutefois en faire une promesse : 

Parce qu'il y a d'anciens ministres

Le 28 mars, le candidat d'En marche ! est interrogé sur la possibilité de faire figurer d'anciens ministres dans son futur gouvernement, alors que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, vient de le rallier. La réponse d'Emmanuel Macron est sans équivoque : "Je prône le renouveau des visages, il s'applique pour l'équipe gouvernementale de manière très claire." Il ajoute : "J'imposerai le renouveau dans la méthode, dans les pratiques, dans l'équipe gouvernementale." 

Pourtant, d'anciens ministres sont présents dans le gouvernement nommé par le président de la République. Jean-Yves Le Drian quitte la Défense pour s'installer au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères. Secrétaire d'Etat chargée du Développement et de la Francophonie (de 2014 à 2016) puis ministre de la Fonction publique (de 2016 à 2017), Annick Girardin, membre du Parti radical de gauche, est nommée ministre des Outre-Mer.

De son côté, François Bayrou (ministre de l'Education nationale entre 1993 et 1997) est nommé ministre de la Justice. Bruno Le Maire, ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes (2008-2009) et ancien ministre de l'Agriculture (2009-2012), dirigera le ministère de l'Economie.

Parce qu'il n'est pas si "resserré" que ça

"Je constituerai un gouvernement de 15 membres maximum, très ramassé, avec des personnes de la société civile et des personnes du monde politique venant de la gauche, du centre, de la droite", avait promis Emmanuel Macron, le 12 mars sur TF1. La promesse n'est pas tenue : le gouvernement compte 22 membres.

En 2007, le premier gouvernement de François Fillon ne comptait que 19 membres (15 ministres et quatre secrétaires d'Etat), rappelle Libération. Toutefois, il était passé à 30 membres après les élections législatives. Notons toutefois que rares sont les gouvernements qui ont compté moins de 25 membres : quatre seulement depuis 1959, selon le décompte de Libé