Passe-droit scolaire pour les petits-enfants de Le Drian : le ministre dément des "stupidités"

Selon Mediapart, son cabinet serait intervenu pour aider deux petits-enfants du ministre des Affaires étrangères à s'inscrire hors délai au lycée français de Barcelone.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, lors d\'un discours à Téhéran (Iran), le 5 mars 2018.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, lors d'un discours à Téhéran (Iran), le 5 mars 2018. (FATEMEH BAHRAMI / AFP)

Jean-Yves Le Drian a-t-il fait profiter deux de ses petits-enfants de l'influence de la diplomatie française ? Le ministre des Affaires étrangères dément, dans une interview à Ouest-France, mercredi 7 mars, les affirmations de Mediapart. Le site affirme que le consul général de France a contacté le proviseur du lycée français de Barcelone, en juin, pour permettre aux deux petits-enfants de s'y inscrire après la date limite. Des "stupidités", assure le ministre.

Joint par Ouest-France, Jean-Yves Le Drian s'est contenté de répondre qu'il avait "autre chose à faire en ce moment que de réagir à de telles stupidités." Son cabinet au quai d'Orsay apporte une réponse plus détaillée au quotidien, et dément "catégoriquement tout passe-droit et toute intervention ministérielle pour ces deux inscriptions au lycée français de Barcelone". "Le ministre n’a demandé absolument aucun passe-droit. Ce n’est vraiment pas dans sa nature", poursuit son cabinet.

Un excès de zèle du consul général de France ?

Selon Mediapart, le consul général de France à Barcelone est intervenu auprès de l'établissement pour permettre l'inscription des deux enfants le 7 juin, une semaine après la clôture des inscriptions, dans un établissement qui refuse chaque année des centaines de candidatures. Le site explique même que le consul aurait fait miroiter au lycée "une oreille plus attentive au plus haut niveau" et une visite du ministre en 2018.

De son côté, le cabinet de Jean-Yves Le Drian assure que les dossiers des deux élèves ont été transmis le 6 juin, et complétés d'une pièce manquante le 7, mais que cette date était en réalité deux jours avant la limite des inscriptions : "Comme les enfants sont de nationalité française, ont été scolarisés précédemment en France et sont arrivés à Barcelone à la suite d’une mutation, leur inscription n’a posé aucun problème et a donc été prise en compte".

Le quai d'Orsay confirme tout de même à Ouest-France que le directeur de cabinet du ministre a bien appelé le consul général de France à Barcelone au sujet des deux élèves, mais pour des motifs de sécurité liés aux responsabilités de leur grand-père. Le journal affirme que le ministère reconnaît "à demi mot" que le consul ait pu faire un "excès de zèle".