Les syndicats policiers attendent de Gérard Collomb "des résultats rapides" après l'annonce de son futur départ du gouvernement

Le ministre de l'Intérieur prévoit de quitter son poste en 2019 afin de mener campagne pour les municipales de 2020 à Lyon. Interrogés par franceinfo, les syndicats de policiers espèrent que le numéro deux du gouvernement profitera du temps qu'il lui reste pour "boucler ses chantiers".

Gérard Collomb, dans son bureau au ministère de l\'Intérieur, à Paris, le 24 août 2018. 
Gérard Collomb, dans son bureau au ministère de l'Intérieur, à Paris, le 24 août 2018.  (JOEL SAGET / AFP)

"Ce n'est pas un scoop, tout le monde s'en doutait." A l'image de Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance, les syndicats policiers s'attendaient au futur départ de Gérard Collomb en vue des municipales de 2020 à Lyon. Le ministre de l'Intérieur l'a annoncé mardi 18 septembre, dans un entretien à L'Express

Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP-police Force ouvrière, n'est "absolument pas surpris" : "On savait qu'il préparait son retour en terres lyonnaises. Ça le caractérise parfaitement. On ne sentait pas un homme accroché au pouvoir parisien", explique le syndicaliste à franceinfo. Le secrétaire général d'Alliance apprécie la "méthode" de l'annonce anticipée, et salue un "acte responsable et honnête"

"Des policiers qui souffrent"

Optimiste, Jean-Claude Delage estime qu'en annonçant son départ du gouvernement après les européennes de mai 2019, Gérard Collomb "a une obligation de résultats rapides".

Il devra boucler ses chantiers et ce sera, pour nous, un levier de pression supplémentaire sur le ministre.Jean-Claude Delage, patron du syndicat Allianceà franceinfo

"Le ministère de l'Intérieur est un ministère sensible et régalien où l'on ne peut se contenter d'expédier les dossiers", estime en revanche Philippe Capon, secrétaire général du syndicat Unsa Police, qui pointe de "nombreux dossiers en cours" et des "policiers qui souffrent".

C'est assez ahurissant qu'un ministre annonce son départ plusieurs mois à l'avance. S'il compte ne rien faire, qu'il s'en aille dès maintenant.Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa Policeà franceinfo

"Il reste neuf mois au ministre, que va-t-il faire de cette période particulière ?" s'interroge également Yves Lefebvre. "Le risque, c'est qu'il se contente de gérer les affaires courantes" et qu'il délaisse certains dossiers, comme celui de la future police de sécurité du quotidien. Le syndicaliste compare les derniers mois de Gérard Collomb place Beauvau à l'arrivée du Tour de France sur les Champs-Elysées : "Soit il veut passer la dernière ligne droite avec le maillot jaune et une copie propre pour les gardiens de la paix, soit il se contente d'être dans le gros du peloton."

"On sera là pour lui rappeler nos attentes"

De son côté, le secrétaire général d'Alliance promet que son syndicat sera vigilant. "On sera là pour lui rappeler nos attentes sur les conditions de travail, les effectifs, l'allègement des procédures, la gratuité des transports SNCF pour les policiers…" 

Chez Synergie-Officiers, ne pas commenter les départs des ministres est "une coutume", affirme Patrice Ribeiro, le secrétaire général du syndicat. Quid de la gestion du ministère avant le départ de son locataire ? "Les ministres passent…" répond-il laconiquement. Pour Philippe Capon, cette valse des ministres est lassante : "On a l'habitude, mais à chaque fois, il faut s'adapter au nouveau ministre, faire connaissance et le familiariser à nos préoccupations." "Un ministre s'en va (...), mais l'administration continue de fonctionner 24 heures sur 24", rassure pour sa part David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). Lui est persuadé de la "continuité dans l'action de l'Etat".