La ministre des Armées, Sylvie Goulard, annonce sa démission du gouvernement

Emmanuel Macron a accepté la demande de la ministre des Armées, citée dans une enquête préliminaire sur l'emploi des assistants parlementaires des eurodéputés MoDem.

La ministre des Armées, Sylvie Goulard, dialogue avec des militaires de l\'opération Sentinelle, devant la tour Eiffel à Paris, le 20 mai 2017.
La ministre des Armées, Sylvie Goulard, dialogue avec des militaires de l'opération Sentinelle, devant la tour Eiffel à Paris, le 20 mai 2017. (MICHEL EULER / AFP)

Elle a été ministre des Armées pendant seulement un mois et trois jours. Mardi 20 juin, Sylvie Goulard a annoncé dans un communiqué qu'elle a demandé à quitter le gouvernement formé par Edouard Philippe. Ce dernier est censé annoncer d'ici mercredi la composition de la nouvelle équipe gouvernementale, trois jours après l'obtention de la majorité à l'Assemblée nationale pour la République en marche. Dans un communiqué, elle déclare avoir "demandé au président de la République, en accord avec le Premier ministre, de ne plus faire partie du gouvernement". Une démission acceptée peu de temps après par le président de la République, Emmanuel Macron. 

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Pourquoi démissionne-t-elle ? 

Cette ancienne du MoDem et fidèle d'Emmanuel Macron, explique cette décision par les affaires qui visent le parti centriste : "Dans l’hypothèse où l’enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d’emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi et tout le travail que j’y ai accompli", a-t-elle précisé dans son communiqué.

"La mission de défense impose une exigence particulière, continue-t-elle. L’honneur de nos armées, celui des hommes et des femmes qui y servent, parfois au péril de leur vie, ne sauraient être mêlés à des polémiques auxquelles ils n’ont aucune part."

Où en est l'affaire des assistants parlementaires du MoDem ? 

Le parquet de Paris a ouvert, vendredi 9 juin, une enquête préliminaire des chefs d'abus de confiance et de recel de ce délit visant le MoDem. Elle a été ouverte après le signalement effectué par un ancien collaborateur du parti qui affirme avoir été payé comme assistant parlementaire au Parlement européen alors qu'il travaillait en réalité pour la formation centriste. 

D'après une enquête de franceinfo, une dizaine de salariés du siège du parti étaient, en même temps, collaborateur de députés européens MoDem sur la période allant de 2009 à 2012. Plusieurs témoignages cités par franceinfo mettent en doute la réalité de ce second emploi. La justice cherche désormais à "déterminer si des irrégularités ont été commises et si elles sont susceptibles de recevoir une qualification pénale".

Sylvie Goulard est directement mise en cause dans ce dossier. Lorsqu'elle était eurodéputée, elle a employé comme assistant parlementaire le responsable de la formation des élus au sein du MoDem.

Qu'implique cette démission pour les autres ministres MoDem ? 

Quatre autres eurodéputés sont cités pour les mêmes raisons, dont l'actuelle ministre des Affaires européennes, Marielle de Sarnez. La députée, tout juste élue dans la 11e circonscription de Paris, était déjà visée depuis le 30 mai par une enquête préliminaire questionnant la réalité de l'emploi d'une de ses assistantes parlementaires, Philippine Laniesse. En tant qu'eurodéputée, elle avait aussi employé comme collaboratrice, Isabelle Sicart, fidèle cheffe de cabinet de François Bayrou.

La patron du MoDem et ministre de la Justice s'était vigoureusement défendu de toute irrégularité dans l'emploi d'Isabelle Sicart. Mais il a été recadré par le Premier ministre Edouard Philippe, après avoir appelé un journaliste de Radio France pour se plaindre de son enquête.

Même si les ministres MoDem ne sont pas mis en examen pour le moment - ce qui impliquerait leur démission, conformément aux engagements d'Edouard Philippe - la démission de Sylvie Goulard fragilise la place des deux autres au sein du gouvernement. Marielle de Sarnez a confié au Parisien qu'elle n'exclue pas de quitter, elle aussi, l'équipe exécutive. "Tout est ouvert pour moi. Le gouvernement ou la présidence du groupe MoDem à l'Assemblée. Ce sont deux engagements passionnants", a-t-elle dit au journal.

De son côté, François Bayrou a affirmé qu'il "respecte" la décision de Sylvie Goulard, qu'il qualifie de "personnelle". Depuis plusieurs jours, le ministre de la Justice est la cible de critiques venant de l'entourage d'Emmanuel Macron. "C'est un problème. Et un jour, le Président trouvera une solution au problème. Ça ne peut pas durer", avait affirmé au JDD, à propos du garde des Sceaux, un membre de La République en marche.

Après les élections législatives, le Premier ministre, Edouard Philippe, doit constituer un nouveau gouvernement. Il a d'ailleurs assuré qu'il n'y avait "aucun" problème à ce que François Bayrou reste au gouvernement. L'annonce doit être faite avant mercredi soir.