Assistants parlementaires d'eurodéputés : quatre questions sur l'enquête qui vise la ministre Marielle de Sarnez

Selon une élue FN, la ministre des Affaires européennes du gouvernement d'Edouard Philippe aurait employé son assistante rémunérée par le Parlement européen pour l'aider dans le cadre de son activité politique au niveau national.

Marielle de Sarnez, le 25 septembre 2016 à Guidel (Morbihan). 
Marielle de Sarnez, le 25 septembre 2016 à Guidel (Morbihan).  (LOIC VENANCE / AFP)

Après l'affaire Richard Ferrand, l'affaire Marielle de Sarnez ? Une enquête préliminaire a été ouverte sur des soupçons d'emplois fictifs visant des assistants d'eurodéputés, dont une ex-collaboratrice de la ministre des Affaires européennes. Marielle de Sarnez a annoncé, mardi 30 mai, sa volonté de porter plainte pour "dénonciation calomnieuse" contre l'eurodéputée FN qui a transmis son nom à la justice. De quoi s'agit-il ? Franceinfo répond aux questions que vous pouvez vous poser. 

De quoi est accusée Marielle de Sarnez ? 

La ministre des Affaires européennes est soupçonnée d'avoir employé de manière litigieuse son assistante parlementaire, payée par le Parlement européen. Marielle de Sarnez figure en effet parmi une liste d'une vingtaine de députés européens français accusés d'utiliser leurs assistants pour leur parti politique au niveau national et non pas pour leurs activités d'eurodéputés.

C'est Le Parisien qui a révélé cette information, dont franceinfo a eu la confirmation. Dans un communiqué publié dans la nuit de lundi à mardi, Marielle de Sarnez assure que Philippine Laniesse, son assistante parlementaire "en circonscription", a fourni un "travail assidu" avec "rapports d'activités consultables". Elle a travaillé six ou huit mois à temps partiel pour Marielle de Sarnez, a détaillé la ministre auprès du quotidien.

Quel est le rapport avec Marine Le Pen ? 

C'est Sophie Montel, députée européenne FN, qui a transmis à la justice les noms d'une vingtaine de ses collègues, dont Marielle de Sarnez, le 14 mars dernier. Car comme le dit Le Parisien, "le parti d'extrême droite ne veut pas tomber seul" dans cette affaire des assistants au Parlement européen.

Les faits qui sont reprochés à cette proche de François Bayrou sont, en effet, identiques à ceux dont sont soupçonnés des eurodéputés frontistes, tels que Marine Le PenLe Parlement européen évalue à près de 5 millions d'euros son préjudice potentiel dans cette affaire. Cette somme correspond aux salaires qui auraient été versés frauduleusement, entre 2012 et 2017, à des assistants d'eurodéputés FN, qui travaillaient en réalité pour le parti au niveau national. 

Comment se défend la ministre ? 

Elle a décidé de contre-attaquer. Sur Twitter, Marielle de Sarnez a annoncé mardi 30 mai sa volonté de porter plainte contre Sophie Montel.

Dans un communiqué, la ministre des Affaires européennes s'est aussi défendue de toute irrégularité. "Aucune question ne m'a jamais été posée sur ce sujet, explique-t-elle. Si cela avait été le cas, j'aurais simplement témoigné que la jeune femme qui a été mon assistante parlementaire en circonscription pendant 12 mois a fourni un travail assidu auprès de moi dans ma mission de parlementaire européenne d'Ile-de-France." "Etant par ailleurs élue locale, sa situation a été déclarée et vérifiée par le Parlement européen", précise la ministre, qui dénonce un "contre-feu" allumé par le FN face à ses propres affaires.

Le contrat de Philippine Laniesse "a été, comme celui de tous mes assistants, validé et approuvé par le Parlement européen, encadré par des règles européennes bien plus strictes que les règles en vigueur en France", conclut Marielle de Sarnez.

Comment réagit le gouvernement ? 

Sur LCI, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a minimisé cette enquête. Il souhaite toutefois qu'elle aille au bout. "Il faut évidemment lever le doute sur cette dénonciation du FN qui apparaît calomnieuse", a-t-il expliqué. Il en a profité pour rappeler que Marine Le Pen ne s'est pas rendue à une convocation des juges : "Si Marielle de Sarnez était convoquée, elle s'y rendrait, c'est la vraie différence avec le FN."