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"C'était limite gênant" : des députés se confient après avoir été cités en exemples par le Premier ministre, à l'Assemblée

Mardi, pendant son discours de politique générale, Edouard Philippe a rendu hommage à plusieurs députés novices, dont Lenaïck Adam et Jean-Baptiste Moreau. Nous les avons interrogés.

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Edouard Philippe, Premier ministre, pendant son discours de politique générale, le 4 juillet 2017 à l'Assemblée nationale, à Paris. (CHAMUSSY / WITT/SIPA)

"Un jeune homme de Saint-Laurent-du-Maroni, un des benjamins de cette Assemblée, qui sera peut-être une de ces grandes figures que la Guyane offre parfois à notre pays." Celui dont Edouard Philippe a parlé ainsi, au début de son discours de politique générale, mardi 4 juillet, c'est Lenaïck Adam. Quand il entend ces mots retentir dans l'Hémicycle, le jeune député ne sait plus où se mettre. "Cela m'a fait quelque chose, c'était limite gênant, je ne pouvais pas trop regarder autour de moi."

Il dit à franceinfo sa "joie" d'être porté en exemple, d'être "le premier et peut-être le dernier parlementaire de Guyane ainsi mis en évidence dans un tel discours." Sur les bancs, ses collègues se sont tournés vers lui : "Ah mais c'est toi ? Félicitations !" lui a ainsi glissé Cédric Villani (lui-même cité quelques minutes plus tard par le Premier ministre). Lenaïck Adam n'avait pas bien compris pourquoi, juste avant 15 heures, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement l'avait réuni avec quelques-uns de ses collègues pour une photo dans la salle des pas perdus. "Je leur ai dit : 'soyez attentif et ne rentrez pas en retard' !" explique Christophe Castaner, qui a diffusé la photo sur son compte Twitter. Lenaïck Adam y apparaît tout à fait à droite. 

"J'ai reconnu la patte du Premier ministre et du président"

Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse, a lui aussi été cité par Edouard Philippe. Ses collègues lui ont envoyé quelques textos : "Bonjour l'hommage", "il y en a qui sont pistonnés", l'ont-ils charrié. Cet agriculteur confie son "émotion" quand Edouard Philippe a mentionné "un éleveur de la Creuse, agriculteur comme l’étaient son père, son grand-père et tellement d’autres avant lui ; enraciné dans sa terre au point que le lieu-dit où il vit porte le nom de sa famille."

"J'ai reconnu à la fois la patte du Premier ministre et celle du président, explique-t-il. Le village qui porte mon nom, c'est une private joke entre le président et moi. On se connaît bien", dit cet habitant des Moreaux. Jean-Baptiste Moreau s'est mis "en marche" dès avril 2016, à la création du mouvement, et a rencontré Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture en février 2017. Depuis, il échange régulièrement avec lui : "On se parle par texto, entre 1 heure et 3 heures du matin. Encore hier soir ! Il m'a demandé mes impressions sur le Congrès."

"J'ai envie d'y croire !"

Lenaïck Adam a, pour sa part, rencontré Emmanuel Macron en décembre 2016, lors d'un déplacement du candidat en Guyane. Il s'est engagé derrière lui car il apprécie "son style nouveau, décontracté mais dynamique". Et dit partager son "ras-le-bol de la gauche et de la droite classiques". Lenaïck Adam n'a que 25 ans, mais ce mandat de député n'est pas tout à fait sa première élection : il siège à la Collectivité territoriale de Guyane depuis décembre 2015. Après avoir étudié à Sciences Po à Paris, il a rejoint l'entreprise de son père en Guyane, devenant le directeur général de la société familiale de transport fluvial. Lenaïck Adam espère surtout que cet hommage lui permettra "d'ouvrir des portes pour les dossiers guyanais… Le Premier ministre ne m'oubliera pas !" dit-il en souriant.

Pense-t-il avoir un grand destin politique, comme Edouard Philippe le lui souhaite ? "J'ai envie d'y croire !" Il cite en modèle Elie Castor et Justin Catayée, mais pas Christiane Taubira. "J'ose croire que je les dépasserai, dans l'intérêt de la Guyane évidemment", assure le député qui ne cache pas son ambition. "Je n'ai pas envie d'être un député exotique. Je veux peser au niveau national pour qu'il y ait un impact sur mon territoire." Il ambitionne même "d'aller plaider directement auprès du président de la République" la cause de certains dossiers, en lui expliquant qu'il en va de l'intérêt du chef de l'Etat comme du sien. Déjà en campagne pour 2022 ? "Bientôt", répond-il, plaisantant à moitié.

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