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Budget : "Nous arriverons à faire fléchir ce gouvernement qui n’entend rien", affirme la CGT

"C’est une attaque frontale de notre modèle social", a réagi Céline Verzeletti de la CGT à l'annonce des grandes lignes du budget 2019 dimanche par Édouard Philippe. Dénonçant une "psychorigidité qui commence vraiment à poser problème", elle prévient : "On ne quittera pas la rue".

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Radio France
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Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, invitée de franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Les pensions de retraite et les allocations familiales ne seront augmentées que de 0,3% par an pour les deux prochaines années. Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé leur désindexation sur l'inflation dans le Journal du Dimanche. Une mesure d'économie alors que la croissance sera moins forte que prévu : 1,7% au lieu d’1,9%. Le Premier ministre a aussi annoncé la suppression progressive de 15 000 postes de fonctionnaires. Des choix "qui ne vont pas du tout dans le bon sens", a jugé lundi 26 août sur franceinfo, Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT. "On ne quittera pas la rue et on continue à travailler".

franceinfo : Vous n'êtes pas satisfaite des annonces d'Édouard Philippe ?

Céline Verzeletti : On est tous mécontents et c’est bien normal. Le pouvoir d’achat est une des premières préoccupations des Français et des Françaises et il n’y aura aucune amélioration de notre vie quotidienne, aucune reconnaissance du travail à sa juste valeur. C’est une attaque frontale de notre modèle social, du service public, moins de moyens sur les prestations sociales. Il y a une psychorigidité qui commence vraiment à poser problème.

Il n’y a pas de gel des pensions de retraite, Édouard Philippe l’a dit dans son interview au JDD. Une hausse qui sera plus modérée c’est quand même une forme d’austérité pour vous ?

Bien évidemment, comme cette hausse ne suit pas l’inflation, cela veut dire qu’il y a bien une baisse du pouvoir d’achat. On peut donc beaucoup moins consommer, on peut moins bien vivre, alors qu’on travaille tout autant voire plus, et bien souvent dans de moins bonnes conditions.

Une des mesures annoncées hier concerne les heures supplémentaires. Il n’y aura plus de cotisations salariales, ce qui veut dire une hausse sur les salaires à partir de septembre 2019. Ce n’est pas une bonne mesure ?

Non, tout le monde n’effectue pas d’heures supplémentaires. C’est donc une mesure inégalitaire. Et puis ce sont les cotisations sociales qui permettent une sécurité sociale de haut niveau et qui remplissent ses caisses. Donc je pense qu’il aurait été mieux, et favorable pour tous, d'augmenter les salaires, de donner un coup de pouce sur le Smic et une augmentation du point d’indice des fonctionnaires, ce que refuse catégoriquement le gouvernement.

On a donc toutes les chances de retrouver la CGT dans la rue à la rentrée ?

Oui bien évidemment. On ne quittera pas la rue et on continue à travailler. Ce qu’on essaye de relancer, c’est l’organisation des salariés, si nous sommes solidaires et déterminés, nous arriverons à faire fléchir ce gouvernement qui aujourd’hui n’entend rien et qui ne se préoccupe absolument pas des attentes des Français et des Françaises. Nous nous demandons un dialogue avec le gouvernement. Mais pour l’instant on écoute ce qu'il nous impose. Il n'est pas prêt à entendre les uns et les autres et à faire des concessions. Le dialogue, c’est d’être en capacité de faire des pas les uns vers les autres, et le gouvernement n’est pas prêt à cela pour l’instant.

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