VIDEO. De 2002 à 2017, le front républicain a (un peu) changé

Franceinfo revient sur les différentes consignes de vote face au Front national données lors des présidentielles de 2002 et 2017.

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Quinze ans après 2002, voir le Front national accéder au second tour de l'élection présidentielle n'est visiblement plus une surprise. Pour s'en rendre compte, franceinfo a comparé les réactions des différents responsables politiques lors de l'entre-deux-tours des deux scrutins qui ont vu les Le Pen, père et fille, affronter Jacques Chirac puis Emmanuel Macron.

Les positions de certaines formations n'ont pas varié. Lutte ouvrière, par la voix d'Arlette Laguiller puis de Nathalie Arthaud, s'est ainsi, lors de ces deux élections présidentielles, positionnée en faveur du vote blanc. Même posture du "ni-ni" du côté de la Ligue communiste révolutionnaire, devenue entre temps le Nouveau Parti anticapitaliste.

Lionel Jospin n'avait pas immédiatement appelé à battre Jean-Marie Le Pen

Du côté des candidats socialistes, les discours ont quelque peu varié. Sonné par son élimination inattendue, Lionel Jospin n'avait pas appelé à faire barrage au Front national au soir du premier tour. Comme le relève Marianne, le Premier ministre de l'époque avait attendu cinq jours avant d'appeler dans un communiqué les Français à "exprimer, par leur vote, leur refus de l'extrême droite", sans appeler explicitement à voter pour Jacques Chirac. Quinze ans plus tard, Benoît Hamon a, lui, immédiatement invité ses électeurs à glisser un bulletin Emmanuel Macron dans l'urne au second tour.

Jean-Luc Mélenchon a fait pour sa part le chemin inverse. Alors qu'il appelait les Français à "abaisser le plus bas possible Le Pen" en 2002, celui qui est devenu le candidat de la France insoumise a refusé de "s'exprimer à [la] place" de ses militants pour la suite.

Mais le virage le plus spectaculaire est à attribuer à Christine Boutin. Candidate à l'Elysée en 2002, elle s'était réjouie, pendant l'entre-deux-tours, de la "probable victoire du président Chirac". Cette fois, la fondatrice du Parti chrétien démocrate a annoncé son intention de voter pour Marine Le Pen. Pas tant pour la soutenir que pour, estime-t-elle, créer "un véritable séisme dans notre pays qui obligerait à la recomposition de la vie politique française".

Jean-Luc Mélenchon lors de l\'entre-deux-tours de l\'élection présidentielle de 2002 et au soir du premier tour de l\'élection présidentielle de 2017.
Jean-Luc Mélenchon lors de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2002 et au soir du premier tour de l'élection présidentielle de 2017. (INA / FRANCE 2)