VIDEO. Assistants parlementaires au FN : "La justice n'a pas à s'immiscer dans les affaires d'un député", plaide Jordan Bardella

Invité mercredi sur franceinfo à réagir sur l'enquête du "Monde" sur l'affaire des assistants parlementaires au FN, Jordan Bardella met en avant la séparation des pouvoirs.

franceinfo

Enquêtant sur l'affaire des assistants parlementaires européens au FN, le journal Le Monde a eu accès à un sms de Mickaël Ehrminger, l'ancien assistant parlementaire de Florian Philippot au Parlement européen, dans lequel il s'inquiétait de n'avoir "aucune preuve de travail", "Je ne rédige aucune note européenne pour Flo [Florian Philippot], je n’ai pas accès à ses mails européens.", écrivait-il dans ce SMS. Sur franceinfo, Jordan Bardella met en avant la séparation des pouvoirs. "Je considère que la justice n'a pas à s'immiscer dans les affaires d'un député", explique le vice-président du Rassemblement national.

À partir du moment où des juges se mettent à faire de la politique, à s'immiscer dans les affaires d'un parlementaire, je trouve que c'est assez grave.

Jordan Bardella

à franceinfo

Une enquête est en cours sur les emplois présumés fictifs du parti au Parlement européen. Les juges d'instruction soupçonnent le RN et ses dirigeants d'avoir "de manière concertée et délibérée" mis en place un "système de détournement" des enveloppes allouées par l'UE à chaque eurodéputé pour rémunérer des collaborateurs parlementaires, afin de permettre au parti de faire des économies sur ses salaires.

"J'ai les mains propres", assure Jordan Bardella, qui a lui-même été assistant parlementaire de M. Jalkh entre février et juin 2015. L'avocat du RN assure que Jordan Bardella n'est "nullement mis en cause dans le dossier pénal à quelque titre que ce soit". "On nous reproche de faire de la politique, estime-t-il. Oui, nos collaborateurs ont aussi des responsabilités dans l'appareil. Si demain quelqu'un appelle un de mes collaborateurs et demande à parler à Jordan Bardella, c'est Jordan Bardella vice-président du RN ou Jordan Bardella député européen ? Cette affaire n'a pas de sens ! Oui, nos collaborateurs font de la politique."

Pour autant, peut-il arriver qu'un assistant parlementaire au Parlement européen travaille aussi pour des élus en France ? "Le collaborateur est à la disposition de son parlementaire", avance  Jordan Bardella. Que celui-ci fasse de la politique au Parlement européen, comme en France ? "Bien sûr, répond-il. Vous avez parfaitement le droit."

De la même manière que vous avez parfaitement le droit, quand vous êtes collaborateur, à partir du moment où vous en informez votre député, d'être candidat à une élection.

Jordan Bardella

à franceinfo

"Il est salarié de son député, insiste Jordan Bardella. Quel est le problème ? (….) Nos collaborateurs travaillent pour leurs députés. Les collaborateurs qui vont être embauchés pour les 22 nouveaux eurodéputés du RN travailleront pour leur deputé, mais peuvent faire aussi de la politique à côté. Ils peuvent coller des affiches, ils peuvent aller distribuer des tracts.  Et ils peuvent faire de la politique, en France, pour leur député."  Certains assistants parlementaires de députés européens RN reconnaissent dans des messages publiés par Le Monde qu'ils n'ont pas mis les pieds au Parlement européen. "Parce qu'ils étaient 'local', vous n'avez pas les mêmes obligations lorsque vous travaillez au parlement en accrédité et lorsque vous êtes assistant local."

Jordan Bardella, invité sur franceinfo le 19 juin 2019.
Jordan Bardella, invité sur franceinfo le 19 juin 2019. (FRANCEINFO)