Régionales : combien de régions le FN peut-il remporter au second tour ?

Avant le scrutin, les enquêtes d'opinion promettaient entre deux et quatre régions au Front national. Mais qu'en est-il réellement à l'issue du premier tour ?

Marine Le Pen dans son fief d\'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), au soir du premier tour des élections régionales, le 6 décembre 2015.
Marine Le Pen dans son fief d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), au soir du premier tour des élections régionales, le 6 décembre 2015. (MAXPPP)

Pour la première fois de son histoire, le Front national est en mesure de remporter plusieurs présidences de régions. En tête dans 6 régions sur 13 au soir du premier tour des élections régionales, le parti de Marine Le Pen est en bonne position pour s'imposer en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où le PS a décidé de retirer ses listes pour lui faire barrage. Mais d'autres régions sont également à sa portée. Tour d'horizon.

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En Nord-Pas-de-Calais-Picardie

Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a appelé Pierre de Saintignon, arrivé en troisième position, à retirer sa candidature pour faire barrage à Marine Le Pen. La situation devrait mécaniquement profiter au candidat de la droite, Xavier Bertrand. Mais avec 15 points de retard sur la patronne du FN, ce n'est pas gagné pour autant.

Selon un sondage Ifop pour i-Télé et Paris Match, réalisé avant le premier tour, l'hypothèse d'un duel au second tour donnerait un score très serré (50,5% pour Xavier Bertrand contre 49,5% pour Marine Le Pen).

En Provence-Alpes-Côte d'Azur

La situation est à peu près similaire en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où le candidat de la droite, Christian Estrosi, accuse un retard d'une quinzaine de points sur Marion Maréchal-Le Pen. Pour faire barrage à la candidate FN, le PS a annoncé le retrait de la liste de Christophe Castaner. Là encore, le second tour s'annonce très serré. Selon une enquête BVA du 30 novembre, un second tour FN-LR aboutirait à un match nul, chacun des deux candidats étant crédité de 50%.

En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine

Le score de Florian Philippot (36,06%) se situe dans la fourchette haute de ce qui avait été prévu par les sondages. La véritable surprise de ce premier tour, c'est l'avance de 10 points qu'il possède sur la liste LR-UDI de Philippe Richert. Jean-Christophe Cambadélis a annoncé, lundi matin, le retrait de la liste PS. Problème : Jean-Pierre Masseret, tête de liste PS, a annoncé dans la foulée à francetv info qu'il refusait de se retirer. 

Une décision qui peut donner le sourire au candidat FN. Car, selon un sondage Ipsos réalisé le 3 décembre, Florian Philippot arriverait en tête du second tour en cas de triangulaire avec 37% des voix, suivi de Philippe Richert (35%) et Jean-Pierre Masseret (28%).

En cas de duel droite-FN, l'avantage tournerait toutefois en faveur de Philippe Richert, qui l'emporterait (56% contre 44%) contre Florian Philippot, selon un sondage Elabe publié le 1er décembre.

En Bourgogne-Franche-Comté

La candidate FN, Sophie Montel, frappe un grand coup en devançant François Sauvadet (LR-UDI) de 8 points. La candidate socialiste, Marie-Guite Dufay, reléguée à 10 points, dispose cependant de réserves de voix non négligeables à gauche. Tout dépendra de la qualité de ces reports de voix, ainsi que de l'attitude des électeurs du MoDem et de Debout la France.

En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

Cette région est la seule où la droite arrive en troisième position, derrière le Front national et le PS. Le frontiste Louis Aliot devance de plus de 5 points la socialiste Carole Delga, qui devra espérer de bons reports de voix de la part des électeurs de la liste EELV-Front de gauche. Un sondage Ifop, datant du 3 décembre, ne la voyait qu'avec 3 points d'avance au second tour sur Louis Aliot.