Peu de rapports écrits et absence régulière à Bruxelles : le maigre bilan du Rassemblement national au Parlement européen

Les eurodéputés du RN ont pu constituer pour la première fois un groupe parlementaire au Parlement européen durant cette mandature. Cependant, leur bilan reste léger après avoir siégé durant cinq ans. 

Des eurodéputés du Rassemblement national, notamment Marine Le Pen et Nicolas Bay, à Strasbourg en juillet 2016. 
Des eurodéputés du Rassemblement national, notamment Marine Le Pen et Nicolas Bay, à Strasbourg en juillet 2016.  (FREDERICK FLORIN / AFP)

À moins d'une semaine des européennes, franceinfo dresse le bilan des eurodéputés du Rassemblement national. En 2014, le parti envoyait 24 élus, la plus grosse délégation française de l'hémicycle, après avoir remporté les élections avec le score historique de 24,9% des suffrages. Depuis neuf élus ne font plus partie des troupes du RN (notamment ceux qui ont quitté le parti pour rejoindre "Les patriotes"). 

Un groupe parlementaire depuis 2015  

Pour son dernier jour de présence au Parlement européen, Jean-Marie Le Pen a déclaré : "Le souvenir que j’emporte de cette maison après 35 ans de mandat, c’est un petit peu le sentiment d’inutilité". Pourtant en 2015, lorsque les élus FN réussissent enfin à constituer un groupe, leur poids politique change radicalement car ils bénéficient désormais de dotations financières importantes, de personnel administratif et de temps de parole dans l’hémicycle. Malgré cela, aucun d’entre eux n’a jamais obtenu de présidence ou de vice-présidence de commission qui sont des postes clefs, car les autres groupes politiques s’y sont opposés.

Au Parlement européen, des petites familles politiques ou même des députés isolés arrivent tout de même à pousser des textes qui leur sont chers, les députés italiens du mouvement "Cinq étoiles" en sont un bon exemple. Selon le décompte de franceinfo, les 14 élus transalpins ont rédigé 78 rapports et avis en cinq ans alors que les eurodéputés du Rassemblement national n'en ont produit que cinq. Des élus que l’on voit par ailleurs très rarement à Bruxelles, là où se fait le travail en commission.

Peu de travail législatif mais une certaine visibilité

Lors des sessions à Strasbourg, il y a moyen de se faire entendre comme par exemple lors des explications de vote. C’est un espace de temps de parole dont les élus RN ont abusé. A peine terminé leurs diatribes anti-européennes, ils récupéraient la vidéo de leur intervention et la mettait en ligne, selon un ancien assistant.

Ces explications de vote existent aussi sous forme écrite. Cela permet de faire monter artificiellement sa cote sur les sites d‘observatoires législatifs. Comme par exemple Nicolas Bay lors du vote sans aucun enjeu du "Calendrier des futurs sessions parlementaires", il s'est justifié en une ligne : "Je n’avais aucune raison de m’opposer à ce calendrier". 

Capture d\'écran du site du Parlement européen où les eurodéputés doivent justifier leur vote. 
Capture d'écran du site du Parlement européen où les eurodéputés doivent justifier leur vote.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Les élus du Rassemblement national utilisent aussi les questions écrites et les propositions d’amendements, sans portée réelle, déposées par centaines pour occuper le terrain. Tous ces élus ne sont pas à mettre dans le même panier mais le bilan est maigre. "C’est un groupe qui ne voulait pas travailler avec les autres et avec qui les autres ne voulaient pas travailler non plus", résume un parlementaire. Mais si les eurodéputés RN avaient vraiment voulu peser sur les débats, ils en avaient les moyens.