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Le rap, une "attaque barbare" pour Jean-Marie Le Pen

Le président d'honneur du Front national préfère la "chanson populaire française" et la "poésie populaire qui, par le vecteur de la musique, gagnait l'esprit de l'immense majorité de nos concitoyens".

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Le président d'honneur du Front national, le 25 mai 2014 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). (FRED DUFOUR / AFP)

Quand Jean-Marie Le Pen s'épanche sur ses goûts musicaux. Dans un long entretien au quotidien d'extrême droite Présent, mercredi 24 septembre, le président d'honneur du Front national, interrogé sur son rapport à la musique, vilipende le rap et "l'art contemporain en général".

Le leader frontiste évoque notamment ses souvenirs quand il dirigeait une société d'édition de disques, la Serp, qu'il avait fondée avec l'ancien Waffen SS Léon Gaultier après sa défaite aux législatives de 1962. Interrogé sur le disque qui lui laisse "le meilleur souvenir" parmi ceux qu'il a édités, Jean-Marie Le Pen répond : "Pour moi, celui qui est le plus émouvant est celui consacré aux Poèmes de Fresnes de Brasillach récités par Pierre Fresnay", un comédien important de l'entre-deux-guerres.

Une œuvre sans référence antisémite

"Lors de l'enregistrement, quand les techniciens qui ne connaissent pas ces textes entendent LeTestament d'un condamné, ils pleurent. C'est un souvenir extraordinaire. J'ai pu faire entendre ce disque à la mère de Robert Brasillach, chez sa sœur et son beau-frère", poursuit le patron historique du Front national.

Ecrivain, journaliste et critique de cinéma très engagé à l'extrême droite, Robert Brasillach a été fusillé en février 1945 pour collaboration. S'il s'égare dans des éditoriaux haineux, où il distille ouvertement sa haine des juifs, Brasillach, écrivain prolixe, offre un visage souvent romanesque et sensible, et manque de peu le prix Goncourt avec Les Sept Couleurs, roman d'amour publié en 1939. Emprisonné à Fresnes fin 1944, il est jugé le 19 janvier 1945 au cours d'un procès expéditif d'une journée. Les Poèmes de Fresnes, qu'il écrit lors de sa détention, sont "l'œuvre de quelqu'un qui est condamné à mort", explique à l'AFP Jean-Yves Camus, chercheur spécialiste de l'extrême droite. "Ces poèmes ne contiennent aucune référence antisémite", précise-t-il.

"Très hostile à l'art contemporain"

Dans cet entretien, Jean-Marie Le Pen évoque de nombreux autres disques qu'il a édités : discours de De Gaulle, de Mitterrand, marches militaires (dont trois disques sur les Waffen SS), mais aussi discours papaux ou chants du Front populaire. Il vante la "chanson populaire française" et la "poésie populaire qui, par le vecteur de la musique, gagnait l'esprit de l'immense majorité de nos concitoyens".

"C'était une défense contre les attaques barbares que sont le rap et autres manifestations délirantes. Je dois vous dire, à ce propos, que je suis très hostile à l'art contemporain en général", ajoute le député européen.

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