La polémique sur les propos de Jean-Marie Le Pen en trois actes

Le président d'honneur du Front national a assuré qu'il n'avait aucun regret concernant ses propos sur les chambres à gaz comme "détail" de l'histoire.

Jean-Marie Le Pen, le 29 novembre 2014, à Lyon (Rhône), lors d\'un congrès du Front national.
Jean-Marie Le Pen, le 29 novembre 2014, à Lyon (Rhône), lors d'un congrès du Front national. (ROBERT PRATTA / REUTERS)

Jean-Marie Le Pen persiste et signe. Sur le plateau de BFMTV, jeudi 2 avril, le président d'honneur du Front national a affirmé qu'il n'avait aucun regret concernant ses propos de 1987, dans lesquels il estimait que les chambres à gaz étaient un "détail de l'histoire de la deuxième guerre mondiale". Francetv info revient sur cette polémique en trois actes.

Acte 1 : encore et toujours le "détail"

"Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée, que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la guerre", a déclaré Jean-Marie Le Pen face à Jean-Jacques Bourdin, jeudi. "Je maintiens [ces propos], car je crois que c'est la vérité, et que ça ne devrait choquer personne", a ajouté le fondateur du Front national, estimant que cette affaire a été instrumentalisée contre lui "en y ajoutant un soupçon d'antisémitisme, alors que je mets au défi quiconque de citer une phrase antisémite dans ma vie politique."


Acte 2 : condamnations de la classe politique

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a condamné les "propos insupportables" de Jean-Marie Le Pen, dont il dit avoir pris connaissance "avec consternation". D'autres responsables comme l'UDI Yves Jégo s'en sont émus sur Twitter.

Mais les condamnations sont aussi venues du FN. Sa présidente, Marine Le Pen, a été contrainte, une nouvelle fois, jeudi, de se désolidariser de son père : "Je suis en profond désaccord sur le fond et sur la forme." Un échange musclé s'est également déroulé sur Twitter entre le député du Rassemblement bleu Marine Gilbert Collard et Jean-Marie Le Pen. Le premier a estimé que le second était "un tract ambulatoire pour Manuel Valls". Le président d'honneur du FN a répondu : "Ferme donc ta gueule, espèce de collard !"

Acte 3 : ouverture d'un enquête judiciaire

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour contestation de crime contre l'humanité après les propos de Jean-Marie Le Pen. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne. Le nouveau dérapage de Jean-Marie Le Pen pourrait avoir des conséquences. "En persistant à présenter de façon odieuse l'existence des chambres à gaz, (...) Jean-Marie Le Pen s'expose à être à nouveau poursuivi", a ainsi prévenu Bernard Cazeneuve.