Des parlementaires demandent une commission d'enquête sur les liens entre le Rassemblement national et Steve Bannon

Cet appel survient après la diffusion sur France 2, jeudi, d'un reportage d'"Envoyé spécial" montrant une rencontre entre les dirigeants du RN Louis Aliot et Jérôme Rivière et l'ex-stratège de Donald Trump.

Steve Bannon, le 9 mai 2019 à Bergen (Norvège), lors des Nordic Media Days.
Steve Bannon, le 9 mai 2019 à Bergen (Norvège), lors des Nordic Media Days. (PEDERSEN, TERJE / NTB SCANPIX MAG / AFP)

Plusieurs députés et sénateurs demandent une commission d'enquête parlementaire sur le Rassemblement national, après le reportage d'"Envoyé spécial" sur France 2 sur les liens entre le parti de Marine Le Pen et Steve Bannon, l'ex-stratège de Donald Trump. 

Contactés par l'AFP, les sénateurs Rachid Temal (PS) et Nathalie Goulet (UDI), ainsi que les députés Jean-Michel Mis (LREM) et Vincent Ledoux (Agir) ont confirmé vouloir répondre à l'appel de l'ancien député et ministre sarkozyste Frédéric Lefebvre, vice-président du parti de centre-droit Agir allié à la majorité présidentielle. Tous demandent la constitution d'une commission d'enquête sur les liens entre le RN et Steve Bannon. 

"Une pauvre petite manœuvre politicienne et électoraliste" 

Dans ce reportage d'"Envoyé spécial", on voit notamment les dirigeants RN Louis Aliot et Jérôme Rivière proposer à Steve Bannon d'assister à des réunions régulières entre Marine Le Pen, la présidente du parti, et des hauts fonctionnaires français. La séquence obtenue par France 2 est tirée de rushs non utilisés par la documentariste américaine Alison Klayman, auteure d'un film sur Steve Bannon. Une autre séquence tirée d'une réunion à Londres entre Steve Bannon et Louis Aliot et Jérôme Rivière montre le polémiste américain évoquer les besoins financiers du RN. 

Contactée, Marine Le Pen a dénoncé "une pauvre petite manœuvre politicienne et électoraliste d'un mouvement qui est en train de perdre la première place dans les sondages", désignant ainsi LREM, avec qui le RN est au coude-à-coude en tête des intentions de vote aux élections européennes du 26 mai. 

"Il n'y a strictement rien à nous reprocher", a-t-elle fustigé, expliquant que le groupe évoqué dans le reportage est celui des Horaces, un collectif de hauts fonctionnaires, chefs d'entreprise et anciens membres de cabinets ministériels qui conseillent anonymement le RN. Confirmant l'invitation à les rencontrer lancée à Steve Bannon, elle a indiqué que cette rencontre n'avait pas eu lieu.