Chauprade démis de ses fonctions de chef des eurodéputés FN : retour sur une polémique qui divise le parti

La présidente du FN démet de ses fonctions l'europdéputé après une vidéo de celui-ci évoquant notamment une "cinquième colonne" islamiste en France.

Aymeric Chauprade (G.) et Marine Le Pen, lors d\'un meeting à Paris, le 18 mai 2014.
Aymeric Chauprade (G.) et Marine Le Pen, lors d'un meeting à Paris, le 18 mai 2014. (PIERRE ANDRIEU / AFP)

C'est un nouveau conflit interne au Front national. Marine Le Pen a annoncé, jeudi 22 janvier, avoir démis de ses fonctions de chef de la délégation FN à Bruxelles l'eurodéputé Aymeric Chauprade, avec qui elle était en conflit autour d'une vidéo. L'eurodéputé "Edouard Ferrand est nommé à la tête de la délégation française FN-RBM au Parlement européen en remplacement d'Aymeric Chauprade", annonce la présidente du parti dans un communiqué. Francetv info revient sur cet épisode qui divise le FN.

Acte 1 : Chauprade publie une vidéo controversée

L'eurodéputé FN Aymeric Chauprade publie, le 15 janvier, une vidéo de plus de dix minutes sur YouTube dans laquelle il affirme que "la France est en guerre avec des musulmans, pas avec les musulmans, mais avec des musulmans". Il fait un distinguo entre "l'islam acclimaté" et "l'islam global, qui est resté fidèle à ses fondements jihadiques, historiques, et qui dit fondements dit fondamentalisme (...). Nous sommes en guerre contre cet islam-là." Avant de conclure "qu'une cinquième colonne puissante vit chez nous et peut à tout moment se retourner contre nous en cas de confrontation générale".

Acte 2 : Chauprade est démis de son poste de conseiller

"[Aymeric Chauprade] n'est plus conseiller aux affaires internationales", annonce Marine Le Pen, au micro de France Inter, lundi 19 janvier. Il "a fait là une vidéo qui est une prise de position personnelle. Je lui laisse la responsabilité de ses propos", ajoute la présidente du FN. Marine Le Pen dément qu'il s'agit là d'une sanction, évoquant des questions de réorganisation interne. Plusieurs frontistes estiment qu'il ne s'agit pas d'une mise à l'écart, puisqu'Aymeric Chauprade reste chef de la délégation FN au Parlement européen.

Acte 3 : Marion Maréchal-Le Pen tweete la vidéo

"La France est en guerre, l'analyse d'Aymeric Chauprade sur les attaques terroristes", tweete Marion Maréchal-Le Pen, mardi midi, avec un lien vers la vidéo. Plusieurs médias précisent que la présidente du FN a pourtant demandé aux responsables locaux FN de ne pas relayer la vidéo d'Aymeric Chauprade, "pour des raisons juridiques". La députée du Vaucluse adresse donc un message de défiance à sa tante. Aymeric Chauprade reçoit également le soutien du président d'honneur du parti, Jean-Marie Le Pen.

Acte 4 : le FN soutient Chauprade contre SOS Racisme...

Jeudi, Marine Le Pen demande au Front national d'aider Aymeric Chauprade à organiser sa défense face à SOS-Racisme. En effet, l'association a annoncé le dépôt d'une plainte, la veille, pour condamner "des propos appelant clairement à la haine et à la violence contre une partie de la communauté nationale à raison de sa religion".  "Il peut y avoir une explication politique, mais Aymeric Chauprade reste un élu du FN et bénéficie de la protection juridique du parti", résume Florian Philippot, le vice-président du parti.

Acte 5 : ...mais le démet aussi de sa fonction à Bruxelles

Cette fois, pas de doute, il s'agit bien d'une sanction. Aymeric Chauprade est démis de ses fonctions de chef de la délégation FN à Bruxelles, annonce Marine Le Pen. Dans le même communiqué, la présidente du FN précise le nom de son remplaçant, Edouard Ferrand. La veille, elle expliquait déjà qu'à "partir du moment où il refuse toute concertation préalable à ses prises de position et qu'il souhaite privilégier sa liberté totale de parole, il ne peut plus prétendre représenter et donc être la voix des 23 députés. Cela me paraît logique".