Emplois présumés fictifs du Rassemblement national : Jean-Marie Le Pen mis en examen

Agé de 91 ans, l'ancien président du parti est soupçonné d'avoir créé des emplois fictifs et mis en place un "système de détournement" d'argent, dans le cadre de ses ex-fonctions d'eurodéputé.

Jean-Marie Le Pen dans sa maison à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le 10 janvier 2019. 
Jean-Marie Le Pen dans sa maison à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le 10 janvier 2019.  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

L'ancien président du Front national, devenu Rassemblement national, Jean-Marie Le Pen a été mis en examen, vendredi 13 septembre, dans l'affaire des emplois présumés fictifs du parti d'extrême droite au Parlement européen, selon ses avocats. 

Le cofondateur du Font national était convoqué vendredi au tribunal de Paris. Il est arrivé peu avant 14 heures, accompagné de ses deux avocats, et s'est dirigé vers le bureau de la juge Claire Thépaut, marchant à l'aide d'une canne. Le cofondateur du Front national âgé de 91 ans, avait annoncé lui-même le 5 septembre sa convocation par la juge d'instruction en vue d'une mise en examen, liée notamment aux emplois de son ancien garde du corps Thierry Légier et d'un ancien conseiller, Gaël Nofri.

Jean-Marie Le Pen avait alors assuré qu'il se ferait "un plaisir de dire ce qu'(il) pense à Mme Thépaut". Sa démarche est "tout à fait illégitime" parce que "le pouvoir exécutif qu'elle représente (...) n'a pas la possibilité de s'ingérer dans le législatif", avait-il déclaré.

Un préjudice estimé à près de 7 millions d'euros 

Déjà convoqué le 11 avril dans cette affaire, l'ancien dirigeant du parti frontiste avait refusé de se rendre chez les juges, se considérant encore protégé par son immunité d'eurodéputé. Cette dernière avait pourtant été levée par le Parlement européen, à la demande de la justice française, le 12 mars.

Les magistrats instructeurs soupçonnent le RN et ses dirigeants d'avoir mis en place "de manière concertée et délibérée" un "système de détournement" des enveloppes allouées par l'UE à chaque député pour rémunérer des collaborateurs parlementaires, afin de permettre au parti de faire des économies sur ses salaires. Le préjudice a été estimé par le Parlement européen à près de 7 millions d'euros pour la période 2009-2017.

Dans ce dossier, une vingtaine de mises en examen ont été prononcées, dont celle de Marine Le Pen, présidente du RN et fille de Jean-Marie Le Pen, l'ex-compagnon de cette dernière Louis Aliot ou encore le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just, pour "détournement de fonds publics" ou complicité.