Secret défense : le député LR Pierre Lellouche veut faire destituer François Hollande

Pierre Lellouche demande à ses collègues de signer une résolution pour destituer François Hollande, après ses déclarations sur les assassinats ciblés dans le livre "Un président ne devrait pas dire ça".

Le député Pierre Lellouche, le 23 mars 2010, à l\'Assemblée nationale.
Le député Pierre Lellouche, le 23 mars 2010, à l'Assemblée nationale. (PIERRE VERDY / AFP)

Après son collègue LR des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, qui a saisi vendredi 4 novembre le procureur de Paris pour violation du secret défense, c'est au tour de Pierre Lellouche de mettre en cause François Hollande. Selon lui, le chef de l'Etat a divulgué des "informations secrètes concernant la sécurité nationale" aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, auteurs du livre Un président ne devrait pas dire ça.

Le député LR de Paris a soumis à la signature de ses collègues de l'Assemblée, lundi 7 novembre, une proposition de résolution visant à engager une procédure de destitution de François Hollande, aux termes de l'article 68 de la Constitution. Le président "ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat", par le Parlement constitué en Haute Cour, prévoit notamment cet article.

Des décisions secrètes divulguées

Pierre Lellouche accuse François Hollande d'avoir fourni "en temps réel" des informations aux journalistes du Monde sur ses "décisions les plus secrètes en matière d'emploi de la force armée" et sur ses conversations avec des chefs d'Etat. 

Le député lui reproche aussi d'avoir détaillé des opérations de libération d'otages et d'avoir admis avoir ordonné des opérations "homo", c'est-à-dire des exécutions ciblées par les services spéciaux.

Il dénonce également le fait que le chef de l'Etat ait laissé les deux journalistes publier dans Le Monde un document secret défense sur la préparation d'un bombardement en Syrie (qui n'a finalement pas eu lieu).

Est-il concevable que le président de la République (...) viole ainsi ouvertement l'obligation de secret qui pèse sur les décisions les plus sensibles qu'il doit prendre en tant que chef des armées ?Pierre Lelloucheaux députés de l'Assemblée

"De la politique politicienne", réplique Le Drian

"La mise en œuvre de l'article 68 paraît donc indispensable, ne serait-ce que pour faire la lumière sur l'étendue des informations secrètes ou confidentielles relevant de la sécurité nationale, qui ont pu être divulguées", écrit Pierre Lellouche aux parlementaires.

Invité dimanche du "Grand Rendez-vous" Europe 1-Les Echos-iTélé, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rejeté toute idée de "forfaiture" de la part de François Hollande. "Je crois que tout cela, c'est de la politique politicienne dans le cadre de la préparation des primaires" à droite pour l'élection présidentielle, a-t-il estimé.