VIDEO. Propos de Hollande sur la "lâcheté" des juges : les deux plus hauts magistrats de France dénoncent une "humiliation"

Le premier président, Bertrand Louvel, et le procureur général près de la Cour de cassation, Jean-Claude Marin, ont été reçus à l'Elysée, mercredi, pour obtenir des explications sur les propos polémiques du chef de l'Etat. 

François Hollande lors du congrés annuel de L\'Union syndicale des magistrats de France (USM), à Dijon (Côte d\'Or), le 7 octobre 2016.
François Hollande lors du congrés annuel de L'Union syndicale des magistrats de France (USM), à Dijon (Côte d'Or), le 7 octobre 2016. (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

Le premier président, Bertrand Louvel, et le procureur général près de la Cour de cassation, Jean-Claude Marin, dénoncent une "humiliation" et des "outrances", jeudi 13 octobre, après les propos de François Hollande sur la "lâcheté" des juges. Dans le livre Un Président ne devrait pas dire ça..., les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet rapportent des déclarations très critiques tenues par le chef de l'Etat sur la justice. Ce dernier la qualifie "d'institution de lâcheté".

Dans cet ouvrage, le président compatit d'abord avec les ennuis judiciaires de Nicolas Sarkozy. Evoquant la géolocalisation par les juges de ses téléphones, il déclare : "S'il n'y a rien dans le dossier, c'est choquant, c'est vrai. C'est hélas le comportement de la justice", tranche-t-il. Puis il poursuit  : "Cette institution, qui est une institution de lâcheté... Parce que c'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux... On n'aime pas le politique. La justice n'aime pas le politique..."

"Un problème institutionnel"

Le premier président, Bertrand Louvel, a déclaré lors d'une audience solennelle que ces commentaires posaient "un problème institutionnel" et reproché à François Hollande de "diffuser parmi les Français une vision (...) dégradante de leur justice". Le procureur général, Jean-Claude Marin, a ajouté que l'entretien de mercredi soir entre François Hollande et les deux hommes "n'avait pas atténué le sentiment que la magistrature (avait) ressenti face à une nouvelle humiliation."