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Hollande compare FN et PCF : "On ne salit pas impunément l'histoire de la gauche"

Ulcéré d'être comparé au FN, le PCF demande des excuses au président de la République. Contacté par francetv info, le porte-parole du PCF estime que le chef de l'Etat a commis "une faute politique et morale".

 
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Propos recueillis par - Vincent Daniel
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
François Hollande, le 19 avril 2015, sur le plateau de Canal+.  (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

Les communistes voient rouge. Marine Le Pen parle "comme un tract du Parti communiste des années 1970", a affirmé François Hollande dimanche 19 avril sur Canal +. Cette comparaison du président de la République indigne le PCF. Lundi matin, Pierre Laurent, le secrétaire national du parti, a demandé "des excuses publiques" au chef de l'Etat. 

Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970. En pensant qu'on peut fermer les frontières, qu'on peut nationaliser les industries, qu'on peut sortir un certain nombre de capitaux de notre pays sans risque (...) Sauf que le Parti communiste il ne demandait pas qu'on chasse les étrangers, qu'on fasse la chasse aux pauvres...

François Hollande

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Contacté par francetv info, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, estime que le chef de l'Etat a commis "une faute politique et morale".

Francetv info : En comparant le discours de Marine Le Pen à un tract du PCF des années 1970, François Hollande a-t-il rompu définitivement avec les communistes ? 

Olivier Dartigolles : La question ne se pose pas dans ces termes. Cette déclaration est une parole nulle, imbécile. Nous demandons donc à François Hollande de s'excuser et de reconsidérer ses propos. Ce sont des paroles qui blessent. Nous sommes un parti qui compte dans ses rangs beaucoup de fusillés, des martyrs, des résistants... Entre l'extrême droite et nous, du sang a coulé.

Cet amalgame n'est ni fait ni à faire. Sur un fond de perte de mémoire, de sens et de valeurs, on ne peut pas laisser tout faire et tout dire. 

Au début des années 1980, Georges Marchais, alors numéro un du PCF, avait appelé à "stopper l’immigration officielle et clandestine", des propos que n'aurait pas renié Marine Le Pen... 

Que des paroles de Georges Marchais aient pu, à l'époque, marquer, notamment sur le nombre d'immmigrés et le chômage, je l'entends bien. Mais cela ne peut en rien faire oublier l'intégralité de cette séquence historique. François Hollande ne devrait pas oublier que la dynamique des années 1970, c'était les années du Programme commun entre le PS et le PCF. Le Programme commun est une construction politique qui a mené à l'élection de François Mitterrand en 1981. On ne salit pas impunément l'histoire de la gauche et l'histoire de la République. 

Selon vous, pourquoi François Hollande a-t-il fait un tel amalgame ?

C'est de la stratégie électorale. Il veut installer madame Le Pen au centre du jeu politique en espérant accéder face à elle à la seconde marche de la prochaine élection présidentielle. Avec cette phrase, il y a certainement le fait que le président part du principe que les couches populaires et le monde du travail sont définitivement perdus. Il y a une forme de démission. Hollande dit que la marche est trop haute pour les récupérer. C'est une opération politique qui vise à dire : "Avant, il y avait les communistes, aujourd'hui ces pauvres gens ont le FN." 

Quand on est en responsabilité, qui plus est, quand on est chef de l'Etat, dans un moment aussi difficile pour notre pays, avec un Front national aussi haut, on ne se comporte pas comme ça. C'est une faute politique et morale. 

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