Entre consternation et colère, les socialistes ne digèrent pas les confidences de François Hollande

Le livre de Fabrice Lhomme et Gérard Davet, "Un président ne devrait pas dire ça", sorti jeudi, provoque des secousses dans l'entourage du chef de l'Etat. 

François Hollande prononce un discours au Conseil de l\'Europe, à Strasbourg (Bas-Rhin), le 11 octobre 2016.
François Hollande prononce un discours au Conseil de l'Europe, à Strasbourg (Bas-Rhin), le 11 octobre 2016. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

L'onde de choc n'en finit plus de se propager. La teneur du recueil d'entretiens de François Hollande avec les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme afflige jusqu'à ses partisans. Intitulé Un président ne devrait pas dire ça, le livre paraît jeudi 13 octobre, mais les bonnes feuilles ont été publiées dès mercredi dans Le Parisien.  

Cette sortie vient, en outre, parasiter l'entretien accordé par le chef de l'Etat à L'Obs, où François Hollande proclame un "je suis prêt" sonnant comme une candidature pour 2017. Comment les socialistes réagissent-ils à ce livre et ses confidences polémiques ? Plutôt mal...

Ceux qui regrettent "un déballage"

Sous le couvert de l'anonymat, plusieurs personnalités socialistes se lâchent dans les médias, entre consternation et lassitude. "Il perd la boule", réagit un député PS légitimiste, cité par l'AFP. "Je viens de finir ma boîte de Prozac", soupire un proche de François Hollande, selon Le Parisien.

D'autres critiquent ouvertement le chef de l'Etat. Sur BFMTV, le député des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci assène que François Hollande "est aujourd'hui au bout du système avec ses interviews avec des journalistes. Il livre des parts trop intimes. (...) Je regrette que nous ayons droit à ce déballage aujourd'hui, nous n'en avons pas besoin."

Ceux qui veulent définitivement tourner la page Hollande

Plus virulents, les frondeurs ne mâchent pas leurs mots sur ce qu'ils voient comme une marque d'incompétence du président de la République. Le député socialiste de l'Indre Laurent Baumel juge, selon Le Parisien, que "le mec n'a toujours pas acté qu'il est président de la République. Cette fin de quinquennat est crépusculaire".

Soutien affiché d'Arnaud Montebourg, déjà en lice pour la primaire à gauche, Laurent Baumel souhaite désormais "que François Hollande ne soit pas candidat à l'élection présidentielle" :

"Si seulement il nous avait accordé autant [de temps qu'aux journalistes], sa majorité n'aurait pas disparu", fustige Christian Paul, député de la Nièvre, dans Le Figaro. "Il aurait dû passer plus de temps à trouver des compromis, à faire de la politique sérieusement."

Ceux qui tentent (tant bien que mal) de le défendre

Quant au dernier carré des proches, il tente de faire le dos rond en attendant que l'orage passe. Fidèle parmi les fidèles, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a défendu, mercredi, devant les journalistes, un "exercice de transparence", à l'issue du Conseil des ministres.

Plutôt très bien traitée dans le livre (François Hollande confie porter "une infinie tendresse" à la mère de ses quatre enfants), la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, a, elle, esquivé les questions, jeudi sur France 2.

"Ne comptez pas sur moi pour alimenter la polémique du jour, a prévenu l'ex-compagne du chef de l'Etat. D'une façon générale, il faut que le débat politique reprenne de la hauteur, que ce soit aux Etats-Unis ou en France. Dans les grandes démocraties qui sont regardées par le reste du monde, il faut impérativement que le débat reprenne de la hauteur."