Cet article date de plus de cinq ans.

Comment François Hollande a tenté de jouer sur tous les tableaux

Cyril Graziani, reporter du service politique de France Inter, publie ce lundi un livre sur les coulisses du quinquennat de François Hollande. Dans "Le premier secrétaire de la République", d'anciens ministres et hauts responsables du parti socialiste reviennent sur plusieurs épisodes qui ont marqué le mandat de François Hollande. Voici quelques extraits marquants.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
François Hollande le 1 septembre 2016 (CHRISTOPHE SAIDI/SIPA)

Depuis 2012, Cyril Graziani est en charge de la couverture de l'Elysée pour France Inter. Il a suivi jour après jour le président Hollande dans l'exercice de son quinquennat. Il livre dans Le premier secrétaire de la République un livre bilan, nourri des multiples entretiens qu'il a mené avec le chef de l'Etat et les grands témoins du quinquennat, ministres, conseillers, hauts fonctionnaires ou adversaires politiques.

Un début de quinquennat manqué

Dès son arrivée à l'Elysée, François Hollande dispose de deux documents importants qui ne seront pas utilisés. Le premier est une feuille de route exhaustive, un rapport de plusieurs centaines de pages préparé par Laurent Fabius, avant son arrivée au quai d'Orsay et baptisé "MPA" (pour "mission première année"). Une sorte de programme des mesures à appliquer en urgence pour réussir les cent premiers jours de quinquennat, mais qui restera lettre morte.

Le deuxième document est un rapport de la Cour des comptes sur l'état des finances publiques, dont Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, dispose deux jours après son arrivée à Matignon. Un rapport qui pointe, selon l'ancienne ministre de François Hollande, Marylise Lebranchu, que "la France est au bord de la faillite, à deux doigts d'être la Grèce". Un document que François Hollande refuse de révéler, pour "ne pas faire peur", mais qui aurait pu expliquer les difficultés rencontrées par la suite par le gouvernement.

Florange, le "premier tombeau pour la gauche"

Selon Cyril Graziani, le chef de l'Etat a joué "sur tous les tableaux" un jeu trouble, jusqu'au soir du 30 novembre 2012, où l'idée défendue par Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement, de nationaliser temporairement les hauts fourneaux est définitivement enterrée.

Arnaud Montebourg raconte notamment avoir cru être soutenu par le président. "Je pensais l'avoir convaincu, explique-t-il dans le livre, je suis tombé dans un piège." Aurélie Filipetti, elle, évoque une "trahison de François Hollande". "De Florange à la déchéance, finalement ce quinquennat, c'est le chemin de croix de tous les électeurs et les sympathisants de gauche", explique l'ancienne ministre de la Culture dans le livre de Cyril Graziani.

De petites blagues en gros impairs

Dans son livre, Cyril Graziani revient sur l'une des "petites blagues" du chef de l'Etat, mal comprise par le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, et qui a placé les services du protocole du Château dans l'embarras. A quelques heures d'un dîner d'Etat en l'honneur de Raul Castro à l'Elysée, François Hollande est prévenu que la table "manque de femmes".

"Pourquoi pas les filles Sauvage ?", lance le chef de l'État en guise de blague. Mais Jean-Pierre Jouyet le prend au mot et fait inviter les filles de cette mère de famille battue, condamnée pour le meurtre de son mari violent et graciée partiellement par le chef de l'Etat. Il faudra annuler l'invitation quelques minutes plus tard, après que François Hollande s'est rendu compte de la méprise.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers François Hollande

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.