Emmanuel Macron, vie privée, bilan du quinquennat, Syrie... Ce qu'il faut retenir du passage de François Hollande au 20 heures de France 2

L'ancien président de la République était l'invité d'Anne-Sophie Lapix. Il a notamment évoqué la politique de son successeur et ancien ministre, Emmanuel Macron.

François Hollande sur le plateau du 20 heures de France 2, mardi 10 avril 2018.
François Hollande sur le plateau du 20 heures de France 2, mardi 10 avril 2018. (FRANCE 2)

Depuis son départ de l'Elysée, François Hollande se fait rare à la télévision. L'ancien président de la République a pourtant répondu à l'invitation du 20 heures de France 2, mardi 10 avril, à la veille de la parution de son livre, Les Leçons du pouvoir (Stock). Un ouvrage rédigé à la main en trois mois, dans lequel il dresse le bilan de son quinquennat et dévoile quelques regrets. Voici les principaux passages de son entretien, notamment marqué par les critiques adressées à son successeur, Emmanuel Macron.

>> Retrouvez l'entretien en intégralité de François Hollande au 20 heures de France 2

Sur son bilan : "A mon arrivée, le pays avait une compétitivité réduite à rien"

"J'avais un devoir de regarder si les résultats de l'action de mes gouvernements avaient produit leur effet, estime François Hollande, et j'ai pensé que c'était à moi de le dire." L'ancien président de la République défend son bilan et vante "une croissance rétablie au-delà de 2%, un déficit du budget en dessous de 3%". Le taux de chômage a baissé et des emplois ont été créés, estime-t-il par ailleurs. "Le pays avait une compétitivité réduite à rien" lors de son arrivée au pouvoir, fait-il encore valoir, estimant que le contexte d'alors "était très dégradé".

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Sur Emmanuel Macron : "Un creusement des inégalités"

"Comment accepter que les titulaires des gros patrimoines soient aujourd'hui ceux qui ont la redistribution que nous avons tous souhaitée ?" François Hollande tient un discours critique envers son successeur, qu'il accuse de favoriser les ménages les plus aisés. "Emmanuel Macron fait un pari qui n'est pas le bon", estime l'ancien président, qui évoque un contexte mondial de "creusement des inégalités"

Interrogé sur la personnalité de son successeur, François Hollande rappelle qu'il l'a aidé à sortir de l'anonymat, tout en adressant quelques reproches en filigrane à son ancien collaborateur. "Si je n'avais pas été séduit [par Emmanuel Macron], je ne l'aurais pas choisi comme conseiller et après comme ministre, déclare l'ancien président. Je ne dis jamais qu'Emmanuel Macron n'a pas de talent ou de qualités car si je l'avais pensé, je ne l'aurais pas appelé auprès de moi quand il était un parfait inconnu."

Sur le statut des cheminots : une suppression ne doit pas se faire "sans concertation"

"La SNCF prend de l'activité partout en Europe", souligne François Hollande. Mais il dénonce la méthode du gouvernement d'Edouard Philippe. "Si on veut supprimer le statut des cheminots, on ne le fera pas sans concertation et sans une convention collective pour tous les salariés du secteur ferroviaire, qui soit au même niveau que le niveau actuel."

Sur la Syrie : "La seule réaction possible est une frappe, des frappes"

"Barack Obama avait fixé une ligne rouge", explique François Hollande, en évoquant un bombardement au gaz sarin commis par le régime syrien en août 2013. "J'ai moi-même demandé une réponse de l’ensemble de la communauté internationale et dit que la France ferait appel à des frappes puisqu’il y avait eu l’utilisation d’une arme totalement prohibée à l’échelle internationale". En vain : "Il était impossible de partir seul."

L'ancien président estime que cette absence de réponse a consolidé le régime de Bachar Al-Assad. Après les nouvelles suspicions sur un recours aux armes chimiques en Syrie, François Hollande se veut ferme. "Quand une ligne rouge est violée, dépassée, transgressée, la seule réaction possible est une frappe ou des frappes."

Sur sa vie privée : "Difficile d'être un citoyen comme les autres"

François Hollande revient sur le tweet de son ancienne compagne, Valérie Trierweiler, qui avait exprimé son soutien à la candidature d'Olivier Falorni dans un tweet, contre Ségolène Royal. "Je suis pudique et j'ai toujours voulu séparer la vie privée et la vie publique, débute l'ancien locataire de l'Elysée. Quand la vie privée vient interférer dans la vie publique, c'est vrai que cela crée des conséquences et des complications : et sur la vie publique – cela a eu un certain nombre d'impacts – et sur la vie privée – cela a sans doute contribué à notre séparation."

"Je reconnais une responsabilité", répond-il encore, interrogé sur la photographie le présentant sur un scooter, alors qu'il rejoignait l'actrice Julie Gayet. "C'est difficile pour le président de la République d'être un citoyen comme les autres et d'avoir une vie privée. Je ne suis pas pour que l'intimité soit violée comme cela."

Sur sa non-candidature : "Un sacrifice personnel en connaissance de cause"

"Les raisons qui me conduisaient à ne pas être candidat étaient politiques", explique François Hollande pour justifier sa non-candidature à un second mandat présidentiel : "Une gauche divisée, la candidature déclarée d'Emmanuel Macron, et une droite qui était assurée, nous disait-on, d'être au second tour contre l'extrême droite." L'ancien président invoque un "sacrifice personnel en connaissance de cause", afin d'éviter un duel entre Les Républicains et le FN.

"J'aurais pu battre Emmanuel Macron, mais je ne l'ai pas voulu. Ce n'est pas moi qui aurais gagné, ce n'est pas lui qui aurait gagné." L'ancien locataire de l'Elysée semble avoir tourné la page de sa vie politique. "Je suis un citoyen, mais pas un citoyen comme un autre, je suis un ancien président [de la République]."