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Quelle garde rapprochée pour les candidats à la présidentielle ?

François Hollande enfariné, Eva Joly et Marine Le Pen menacées de mort... Les candidats à l'Elysée sont des cibles de choix durant la campagne, posant la question de leur protection rapprochée. Alors, quel bodyguard pour quel candidat ?

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France Télévisions
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François Hollande et un des policiers chargé de sa protection arrivent au Parc des expositions de la porte de Versailles le 1er février à Paris. Quelques minutes plus tard, le candidat socialiste sera victime d'un enfarinage. (FRED DUFOUR / AFP)

La question de la sécurité surgit dans la campagne présidentielle - ou du moins celle des candidats. Le socialiste François Hollande a été aspergé de farine par une femme mercredi 1er février, à Paris. Le même jour, on apprenait que l'écologiste Eva Joly était l'objet de menaces de mort, envoyées notamment sous la forme d'une balle de revolver. Début janvier, c'est le Front national qui portait plainte pour des courriers malveillants adressés à Marine Le Pen. Tous sont pourtant entourés de gardes du corps et/ou de policiers. FTVi fait le tour des dispositifs.

• François Hollande puissance 15

Ils n'étaient que deux, les voilà 15 depuis jeudi. Après une négociation réalisée par l'ancien ministre socialiste de l'Intérieur Daniel Vaillant, la place Beauvau a accepté fin décembre de compléter le dispositif de protection de François Hollande avec 12 agents de police, dont deux capitaines, qui tourneront par équipes de trois sous l'autorité d'une commandante. 

Tous appartiennent au Service de protection des hautes personnalités (SPHP) de la Police nationale, composé d'environ 750 policiers. Parmi eux, 80 sont uniquement chargés d'assurer la sécurité du chef de l'Etat. Il s'agit du GSPR, le Groupe de sécurité de la présidence de la République, comme le note le site du Nouvel Observateur. S'ajoute à ces effectifs la première compagnie de CRS, essentiellement concentrée sur la sécurisation des locaux et la protection du président.

• Marine Le Pen, un garde du corps en héritage

Chez les Le Pen, on se transmet son garde du corps de père en fille. Après 20 ans au service de Jean-Marie, Thierry Légier travaille pour Marine depuis son investiture au congrès de Tours il y a un an. Ancien parachutiste "désabusé par l'état de l'armée sous le gouvernement socialiste", il a protégé des stars comme Sean Penn pour le compte de sociétés privées, avant d'entrer au FN en 1992.

Passé dans sa jeunesse par l'Action française, un mouvement royaliste d'extrême droite, cet adepte de kick boxing de 1,90 mètre et 100 kilos est conseiller régional de Haute-Normandie depuis 2010. Il porte en permanence un pistolet Glock, selon le site du Parisien. Depuis le 15 janvier, la candidate du Front national bénéficie également de la protection du SPHP.

• Jean-Luc Mélenchon et le bodyguard philosophe

"Une tâche politique parmi d’autres" pour un garde du corps pas comme les autres. L’ange gardien de Jean-Luc Mélenchon s’appelle Benoît Schneckenburger. Il a 40 ans, une ceinture noire de karaté et une agrégation de philosophie. A la tête du service d'ordre du Parti de gauche, cet ancien de SOS Racisme et du PS aurait fait pencher son candidat, stoïcien, du côté d'Epicure. Il a d'ailleurs consacré un ouvrage au philosophe grec avant la sortie, il y a quelques jours, d'un second livre intitulé Populisme, le fantasme des élites.

Cité par Rue 89, il souligne que son service d'ordre est également composé d'un doctorant en physique quantique et d'un docteur en sociologie. Au propre comme au figuré, "il ne faut pas être idéaliste : la politique, ce sont des rapports de force qui doivent être organisés".

Et les autres ?

Eva Joly est depuis peu protégée par deux hommes du SPHP qui se relaient à ses côtés. Dominique de Villepin est encadré également par quatre hommes du SPHP en tant qu'ancien Premier ministre. François Bayrou a lui aussi recours à un policier du service depuis l'apparition de son nom sur une liste de terroristes de l'ETA dans les années 90.

Selon le site du Parisien, les candidats d'extrême-gauche Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (LO) ne demanderont pas de protection officielle pour des raisons "idéologiques", préférant se contenter, comme Jean-Luc Mélenchon, d'une protection en interne.

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