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Présidentielle 2017 : la candidature de François Fillon, ça change quoi pour les prétendants à gauche ?

La gauche a plutôt accueilli favorablement la victoire de l'ex-Premier ministre de Sarkozy : elle veut croire que ses positions très droitières va permettre de remobiliser.

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France Télévisions
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François Fillon, en meeting à Paris, le 25 novembre 2016 (HAMILTON / REA)

A gauche, personne n'avait vu venir la victoire de François Fillon. Après l'étonnement, les socialistes veulent croire que c'est plutôt une bonne nouvelle. Par rapport à une candidature Juppé, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, positionné très à droite, permettrait de mobiliser la gauche. "Vous êtes un fonctionnaire, aujourd'hui même si vous n'avez pas aimé le quinquennat Hollande, c'est compliqué de voter Fillon", veut croire Laurent Baumel, député socialiste frondeur qui soutient la candidature Montebourg.

"Alain Juppé plaidait d'une certaine façon pour l'union nationale, et masquait son programme derrière cela. Avec Fillon, c'est brut de décoffrage. Cela ouvre un espace, on va vers une confrontation projet contre projet", estime un dirigeant du Parti socialiste, contacté par franceinfo. Cette hypothèse posée, à gauche, chacun des candidats déclarés ou potentiels voit midi à sa porte.

Du point de vue de François Hollande

Depuis la percée surprise de François Fillon, une petite lueur d'espoir s'est rallumée dans les yeux des hollandais. Elle serait la preuve qu'en matière de sondage, on peut revenir de loin. Certes, le chef de l'Etat ne sera pas face à celui qu'il a longtemps considéré comme son meilleur adversaire potentiel : Nicolas Sarkozy. Il s'en était fait une raison depuis queques semaines.

Mais face à un Juppé rassembleur, au positionnement plus modéré, capable d'attirer des électeurs de gauche, la bataille s'annonçait quasi impossible. La victoire de François Fillon, au positionnement très droitier, tant sur l'économie que sur les questions de société, permettrait au contraire au président de rassembler son camp. François Hollande, éternel optimiste, l'aurait même qualifiée de "divine surprise", d'après Le Parisien.

Du point de vue de Manuel Valls

Les partisans d'une candidature de Manuel Valls ne cachent pas leur satisfaction. Pour trois raisons : avec sa ligne très à droite, Fillon laisse de la place à une candidature de gauche réformiste... Exactement le créneau revendiqué par l'actuel chef du gouvernement. Ensuite, Manuel Valls, qui théorisait pourtant il y a quelques mois l'existence de deux gauches irréconciliables, pourrait être la figure du rassemblement.

"Nos divisions à gauche, franchement... On peut avoir quelques désaccords, mais vu ce qu'on a en face... Cela force chacun à bien réfléchir", estime un proche du Premier ministre. Et puis, comme le fait remarquer Luc Carvounas, soutien de la première heure de Manuel Valls, sur LCP : "On a vu dans la primaire de la droite qu'un Premier ministre peut battre un président." "Ce qui arrive à l'un peut arriver à l'autre, c'est ce que tout le monde se dit", assure un autre partisan de Valls à franceinfo.

Du point de vue d'Emmanuel Macron

Lui aussi assure que François Fillon suscite du clivage. Mais pas le traditionnel clivage droite/gauche, que le fondateur d'En Marche ! entend dépasser. Non, pour Emmanuel Macron, c'est le clivage conservateur/progressiste qui est réactivé par Fillon. "Contrairement à ce qu'on lit partout, Fillon, c'est un conservateur, pas un libéral, dit-il à franceinfo. Les progressistes auront du mal à le soutenir, même ceux de droite." Le candidat qui se dit "de gauche" et "libéral" entend bien en profiter. Il pointe aussi dans la candidature de François Fillon une difficulté pour François Hollande : "Si dans la primaire, l'anti-hollandisme s'exprime comme l'anti-sarkozysme..."

Du point de vue d'Arnaud Montebourg

Pour tous les concurrents de Hollande, à commencer par Arnaud Montebourg, la victoire de François Fillon est aussi le corollaire de l'élimination de Nicolas Sarkozy. "Cela montre que les Français ne veulent plus du casting de 2012", dit-on dans son entourage. Arnaud Montebourg se prend même à espérer une mobilisation de la droite pour sortir François Hollande, à l'image de la mobilisation de l'électorat de gauche à la primaire de la droite.

Du point de vue de Benoît Hamon

Lui aussi trouve une plus-value à sa candidature face à celle de François Fillon : "Il y a là une droite qui ne s'excuse pas d'être de droite, ce serait bien qu'en mai prochain, nous ayons en face de cette droite-là une gauche qui ne s'excuse pas d'être de gauche", a déclaré le député des Yvelines sur RTL.

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