Pour François Bayrou, l'industrie française est dans une "situation critique"

Le haut-commissaire au Plan estime qu'il n'est pas trop tard pour redresser le tissu industriel français et que l'Etat a le devoir "de garantir les produits vitaux", comme "les médicaments".

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Le haut-commissaire au Plan, François Bayrou, le 22 septembre 2020, devant le Conseil économique, social et environnemental. (MARTIN BUREAU / AFP)

Un diagnostic inquiétant. François Bayrou, le haut-commissaire au Plan, a prévenu que "l'appareil de production" français était dans une "situation critique", dans un entretien au Journal du dimanche publié dimanche 20 décembre. Le président du MoDem a ajouté qu'il n'était pas trop tard pour le redresser.

"Tout le monde a compris qu'on ne peut pas soutenir financièrement un modèle social si généreux si on n'a pas l'appareil de production qui permet de le financer par les impôts, taxes et cotisations, fait valoir l'ancien ministre de la Justice d'Emmanuel Macron. Or, de ce point de vue, la France est en situation critique. La part de l'industrie dans le PIB de la France, c'est 13%. En Allemagne, c'est 25% ! Et en Italie, 19% !"

"Lancer la reconquête de l'appareil productif français, ce sera le défi majeur de la décennie qui vient."

François Bayrou

au "Journal du dimanche"

Pour ce proche du président de la République, "l'Etat a le devoir de garantir les produits vitaux" et "l'intérêt général", face à "nombre de productions vitales qui [s'en sont allées] ailleurs qu'en Europe", "depuis vingt ou vingt-cinq ans".

"Une concurrence mondiale encore plus dure"

En appelant à "une stratégie nationale", François Bayrou estime comme produits vitaux "les médicaments, un certain nombre de composants électroniques, les matières premières concernant le nucléaire ou le secteur de la fibre optique, les hormones dans le domaine pharmaceutique" ou les éléments entrant dans le processus de production agricole.

"C'est entre l'Etat, stratège et fédérateur, et les industriels, qui sont les acteurs, que cette protection doit s'organiser comme un impératif national", exhorte-t-il. A propos de la dette née des conséquences de la crise sanitaire, le haut-commissaire estime que "nous sommes entrés dans des temps nouveaux". "Les grandes banques centrales du monde, à la suite de la banque centrale américaine, ont choisi de privilégier le financement de l'économie réelle en baissant leurs taux jusqu'à zéro, 'quoi qu'il en coûte', avec un seul but : le plein-emploi."

"C'est l'entrée dans une concurrence mondiale encore plus dure ! Il faut avoir le meilleur appareil de production pour approcher du plein-emploi. Et c'est désormais à nous de le reconstruire !", fait-il valoir.

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