En critiquant le statut d'élu, Emmanuel Macron fait l'union contre lui

La dernière sortie du ministre de l'économie fait réagir. Emmanuel Macron a déclaré ne pas vouloir devenir député en 2017, ajoutant qu'être élu pour accéder aux plus hautes responsabilités était un "cursus d'un autre temps" provoquant un tollé à gauche, comme à droite.

(S'il indigne la classe politique, le ministre de l'Economie continue de convaincre l'opinion © MaxPPP)

Décidémment, Emmanuel Macron unit la classe politique.. contre lui. Le ministre de l'économie a de nouveau fait parler de lui au festival Le Monde, où il a déclaré que passer par la case député pour assurer des fonctions ministérielles était "le cursus honorum d'un ancien temps " pour un homme politique.

Depuis cette nouvelle déclaration fracassante, les politiques, de droite comme de gauche, montent aux créneau pour le contredire.

Pour le Président de l'Assemblée Nationale, Claude Bartolone, le ministre de l'Economie ne sait tout simplement pas de quoi il parle. "On voit que Macron n'a jamais été élu"  lâche le président de l'Assemblée, avant d'ajouter qu'il "ne connaitra jamais ce bonheur, tant pis pour lui ".

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La droite s'indigne, la gauche recadre

Et l'indignation des députés dépasse les clivages politiques. Le patron du groupe Les Républicains, Christian Jacob, a trouvé les propos d'Emmanuel Macron "méprisants à l'égard des élus ". "Je suis d'accord sur un point: c'est plus facile d'être nommé que d'être élu ", a attaqué le député, considérant qu'il ne s'occupe que de "sa sortie bien au chaud dans un conseil d'administration de multinationale ", après son passage au gouvernement.

"Ce qui le préoccupe, c'est son nombril" Christian Jacob, chef du groupe Les Républicains

Au vu d'une telle débâcle, le Premier ministre est à son tour entré dans l'arène, demandant à son poulain de bien vouloir rentrer dans le rang : "Ce que je sais, c'est que l'expérience d'élu de terrain est irremplaçable ", a déclaré Manuel Valls, invitant le ministre de l'Economie à prendre l'exemple de son propre parcours dans la ville d'Evry.

"J'ai été maire pendant 11 ans, c'est la plus belle des fonctions" Manuel Valls, Premier ministre

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Le Premier ministre a par d'ailleurs partagé son agacement sur la nouvelle polémique, indiquant en avoir assez de participer à ce genre de débats "tous les trois jours ". "Chacun à sa place " a-t-il ajouté devant la caméra de Public Sénat

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Cette place, elle n'est en tout cas pas aux côtés du PS. Au vu des multiples tirades du ministre, Jean-Christophe Cambadélis a pris ses distances avec un "ministre d'ouverture " : "Ce qu'il dit ne nous engage pas et ce que nous pensons ne l'engage pas ", estime le Premier secrétaire du Parti Socialiste.

"Le Parti Socialiste ne polémique pas avec un ministre d'ouverture" tranche Jean Christophe Cambadélis
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Un soutien inattendu

Emmanuel Macron semble déranger la classe politique autant qu'il séduit l'opinion.Le vilain petit canard de la gauche semble d'ailleurs avoir trouvé un allié de l'autre côté de la barrière : interrogé sur Europe 1, Dominique de Villepin, ancien Premier ministre UMP, a soutenu le ministre de l'Economie, n'ayant lui même jamais été élu.

"C'était pas mon chemin, manifestement c'est pas le chemin d'Emmanuel Macron. Est-ce que ça veut dire qu'il faut se passer d'un talent comme celui d'Emmanuel Macron ? Certainement pas." Dominique de Villepin, ancien Premier ministre.

A défaut de conquérir la gauche, le jeune ministre continue de grimper dans les sondages : selon OpinionWay pour Le Figaro, 70 % des Français partagent sa vision d'un statut des hauts-fonctionnaires "plus adapté " pour certaines missions.