Emmanuelle Cosse élue à la tête d'Europe Ecologie-Les Verts

Elle succède à Pascal Durand comme secrétaire nationale du parti écologiste.

La nouvelle secrétaire nationale d\'EELV, lors de son élection, au congrès du parti écologiste à Caen, le 30 novembre 2013.
La nouvelle secrétaire nationale d'EELV, lors de son élection, au congrès du parti écologiste à Caen, le 30 novembre 2013. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Le parti EELV a une nouvelle patronne : Emmanuelle Cosse. Elle a été élue secrétaire nationale samedi 30 novembre. Sa motion a reçu 55,35% des voix des délégués, lors du congrès d'Europe Ecologie-Les Verts à à Caen. Elle succède à Pascal Durand.

Face à la motion d'Emmanuelle Cosse, proche de la ministre Cécile Duflot, qui a obtenu 55,35% des exprimés, "La motion participative" (LMP) d'Yves Cochet et Alain Lipietz a obtenu 36,53% des voix et la motion "Love" d'Eva Joly et Julien Bayou 8,12%. "Nul dans cette salle ne peut être satisfait ce soir que nous ne soyons pas parvenus à un large rassemblement", a déclaré d'emblée la nouvelle secrétaire nationale lors de son premier discours. "Si nous ne savons pas nous rassembler, comment voulez-vous que la société nous entende?", avait déploré son prédécesseur Pascal Durand, lors de l'ouverture du congrès.

FRANCE 2

Cécile Duflot, ministre du Logement et ancienne secrétaire nationale EELV, avait aussi fustigé la "tentation du confort de la minorité". "Le rassemblement c'est une nécessité pour nos idées (...) pour parler à la société, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas", avait-elle dit. "Le rassemblement c'est difficile et c'est exigeant mais c'est le seul chemin valable", avait-elle ajouté sous les sifflets et applaudissements mélangés de la salle.

Qui est-elle ?

Emmanuelle Cosse, 39 ans, a 20 ans de militantisme derrière elle. "Fille d'un couple de kinés parisiens marxistes, elle fait ses premières armes militantes à la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) au début des années 90. Elle quitte l'organisation à 17 ans, agacée par la mainmise d'Harlem Désir et Julien Dray sur le mouvement lycéen", écrit Libération.

En 1992, elle entre à Act Up dont elle devient la première présidente hétérosexuelle et séronagative en 1999. Elle quittera Act-up en 2001. En parallèle, l'ancienne étudiante en droit sera journaliste pour les magazines Têtu et Regard entre 2002 et 2010.

Finalement, elle n'entre à EELV qu'il y a trois ans, avec un profil de militante associative de la gauche de la gauche, rappelle Europe 1. Elue aux régionales en 2010 en Ile-de-France, elle est vice-présidente du conseil régional en charge du logement. Compagne du vice-président de l'Assemblée nationale, Denis Baupin, elle est proche de Cécile Duflot.

Elle est décrite comme une femme "à poigne", un atout pour diriger un parti réputé turbulent dont la participation au gouvernement ne va pas de soi pour ses militants. Accusée par ses détracteurs d'être un produit de la "firme" de Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, comme les a surnommés Noël Mamère en claquant la porte du parti, elle rétorque que "les étiquettes sont surtout faites pour nuire".

"C'est une chef. Elle assurera une ligne claire, elle a une capacité à faire travailler les gens", affirme Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs écologistes. "Si elle met son sens du collectif au service du parti comme elle a su le faire à la Région, je suis confiante dans l'avenir", assure Laure Lechatellier, vice-présidente EELV à la Région Ile-de-France en charge de la santé.