VIDEO. Les chasseurs... chassés par Emmanuel Macron !

En forêt, à l’approche du gibier, il y a les mauvais chasseurs, ceux qui repartent bredouilles. Et puis il y a les bons chasseurs, ceux qui visent juste. Ceux-là reçoivent des cadeaux, offerts par le président Macron en personne.

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À la chasse, pour ne pas perdre sa place, il faut se trouver un bon allié. Et les chasseurs l’ont débusqué : Emmanuel Macron lui-même. Le permis de chasse coûtait 400 euros à l’année ? Il devrait être désormais deux fois moins cher, soit un manque à gagner de 18 millions d’euros pour les caisses de l’État.

Accordé aussi, à partir de l’an prochain : un mois de plus, sur dérogation, pour chasser l’oie cendrée. Dans un arrêté publié en début d’année, l’État autorise même les chasseurs à utiliser à nouveau un “silencieux” sur leur fusil pour préserver leurs oreilles : une pratique qui était interdite depuis plus de 30 ans.

Défenseur des chasses traditionnelles comme la chasse à courre, Emmanuel Macron promet aussi, dès la campagne, la réouverture des chasses présidentielles à Chambord. “C’est quelque chose qui fascine à l’étranger, c’est quelque chose qui fascine partout. Ça représente la culture française” avait estimé le candidat Macron en mars 2017.

Un lobbyiste à la manœuvre

Ces petites attentions présidentielles, les chasseurs les doivent au lobbyiste Thierry Coste .L’homme a ses entrées à l’Élysée. C’est lui aussi qui aurait convaincu Emmanuel Macron d’assister, à la fin d’une battue, au tableau de chasse à Chambord, le week-end de ses 40 ans : on aperçoit le chef de l’État au milieu des chasseurs sur un tweet publié par la Fédération nationale des chasseurs (FNC).

“Mes relations sont très proches avec le président de la République, confie Thierry Coste. C’est parce que je l’ai accompagné pendant la campagne sur les sujets ruralité, chasse et pêche. J’ai conseillé précédemment Nicolas Sarkozy et François Hollande : pas sûr qu’il y ait eu la même écoute !”

Les chasseurs, 5 millions d'électeurs potentiels

Mais alors pourquoi Emmanuel Macron écoute-t-il tant les chasseurs ? Serait-ce parce qu’ils représenteraient 5 millions d’électeurs potentiels ? Nous avons posé la question à un chasseur sachant chasser : Willy Schraen, le président de la FNC.

"C’est quelque chose qu’on n’arrivait pas à assumer en France, qu’il fallait cacher, c’était pas bien, c’était la chasse, c’était problématique, estime-t-il. Là il gomme tout ça et il dit “oui, j’assume de travailler avec eux”. D’un point de vue politique, il est sûr que auprès des chasseurs, le président Macron aura une aura tout à fait particulier dans les mois et les années qui viennent.”

Dans un récent sondage, plus de deux Français sur trois considèrent qu’Emmanuel Macron est éloigné des préoccupations de la France rurale. Ce sont eux que le président a désormais dans son viseur.