Union européenne : la candidature de Sylvie Goulard rejetée massivement

Jeudi 10 octobre, les eurodéputés ont rejeté la nomination de Sylvie Goulard à la Commission européenne. 

Franceinfo

Un échec pour l’exécutif français : voici comment on peut interpréter le rejet de la nomination de Sylvie Goulard comme commissaire européenne. Parmi les arguments retenus contre sa candidature, ses émoluments reçus (10 000 euros mensuels) par une fondation américaine, sans que l’ancienne ministre française des Armées puisse réellement justifier son travail. “Est-ce que vous comprenez et admettez le problème d’être payée autant par un think tank privé, lorsque l’on est élu pour défendre l’intérêt général?”, a estimé Damien Carême, eurodéputé des Verts. Pour sa part, tentant de se justifier, Sylvie Goulard s’est montrée ferme. “Je regrette profondément que cette activité de deux années ait pu jeter le doute sur mon engagement européen ancien, sur mon intégrité, sur ma capacité à agir de manière indépendante. Il ne s’agissait pas d’un lobby, il s’agissait d’un think tank, tourné vers la réflexion, visant à organiser des rencontres avec des citoyens”, a assumé l’ancienne ministre des Armées.

Deux enquêtes en cours concernant un emploi fictif

Enfin, sur le dossier de l’emploi présumé fictif de son ex-assistant parlementaire, pour lequel deux enquêtes sont toujours en cours à Paris et Bruxelles, Sylvie Goulard persiste et signe : “On démissionne si on est condamné. Mais tant qu’on est en deçà, on bénéficie de la présomption d'innocence, c’est la seule manière de garantir ce droit fondamental”. Une position qui a provoqué la réaction de Thierry Mariani, député européen ID : “A mon avis, elle a heurté bon nombre de nos collègues étrangers, qui ne comprennent pas le double standard : pourquoi elle veut démissionner quand elle veut entrer au gouvernement français ? Et pourquoi en Europe il s’agirait d’un sous-gouvernement où elle pourrait rester?”. Un deux poids deux mesures rejeté par les pays nordiques et par l’Allemagne, qui a provoqué un rejet massif de la candidate française.

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Sylvie Goulard lors de sa seconde audition par les eurodéputés, le 10 octobre 2019 à Bruxelles (Belgique)
Sylvie Goulard lors de sa seconde audition par les eurodéputés, le 10 octobre 2019 à Bruxelles (Belgique) (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)