Trois Français sur quatre n'ont pas trouvé Alexandre Benalla convaincant lors de son audition

Les trois quarts des Français ayant suivi en totalité, en partie ou ayant vu des extraits de l'audition d'Alexandre Benalla devant la commission d'enquête du Sénat, mercredi 19 septembre, n'ont pas été convaincus par l'ex-chargé de mission d'Emmanuel Macron, selon le sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi.   

Alexandre Benalla lors de son audition parlementaire au Sénat, mercredi 19 septembre 2018.
Alexandre Benalla lors de son audition parlementaire au Sénat, mercredi 19 septembre 2018. (ALAIN JOCARD / AFP)

La majorité des Français ayant suivi tout ou partie de l'audition d'Alexandre Benalla n'ont pas été convaincus par ses explications, selon l'enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro. L'ancien chargé de mission d'Emmanuel Macron était entendu mercredi 19 septembre par le Sénat. 

Sondage Odoxa-Dentsu Consulting / franceinfo du 20 septembre 2018  
Sondage Odoxa-Dentsu Consulting / franceinfo du 20 septembre 2018   (RADIO FRANCE / FRANCEINFO / STEPHANIE BERLU)

Ce sentiment concerne presque la totalité de l'échiquier politique. Si Alexandre Benalla déçoit près de six sympathisants de La république en marche sur dix (58%), il concentre contre lui 75% des sondés proches des Républicains, 80% des sympathisants du Rassemblement national, 85% des proches du Parti socialiste et 87% des sympathisants de La France insoumise.

85% des sondés n'ont pas été convaincus lorsque l'ancien collaborateur du chef de l'Etat a affirmé que son port d'arme n'était pas lié à la sécurité du président de la République mais à sa sécurité personnelle. Ils sont 81% à ne pas le croire quand il affirme qu'il n'a jamais été ni policier, ni garde du corps d'Emmanuel Macron. Et près de huit sondés sur dix (79%) ne l'ont pas cru lorsqu'il a dit n'avoir jamais eu aucun autre avantage que sa rémunération.

Concernant les sentiments exprimés par Alexandre Benalla sur cette affaire, les deux tiers (66%) des personnes interrogées ne l'ont pas cru lorsqu'il a exprimé ses regrets d'avoir critiqué le président de la commission d'enquête. Et 57% n'ont pas été convaincus par le sentiment d'humiliation exprimé par Alexandre Benalla à propos de son éviction de l'Elysée.

Pas une affaire d'Etat mais une affaire "grave" pour 44% des Français

Sondage Odoxa-Dentsu Consulting / franceinfo du 20 septembre 2018  
Sondage Odoxa-Dentsu Consulting / franceinfo du 20 septembre 2018   (RADIO FRANCE / FRANCEINFO / STEPHANIE BERLU)

L'affaire Alexandre Benalla est surtout perçue comme une "affaire grave" pour 44% des Français. Seul un Français sur quatre (26%) estime qu'il s'agit d'une affaire d'Etat. En revanche, un tiers (30%) juge l'affaire sans grande importance

Ces proportions sont à peu près les mêmes parmi les personnes ayant vu en totalité, en partie ou vu des extraits de l'audition devant les sénateurs. 37% d'entre eux jugent que nous sommes face à une affaire d'Etat, 43% face à une affaire grave. Ils ne sont que 20% à la juger sans importance.

L'approche de l'affaire est la même quelle que soit la proximité partisane des sondés, mis à part les Français proches de LREM. Près de six sondés sur dix (58%) avouant leur proximité avec le parti présidentiel estiment que l'affaire Benalla est sans importance.

Une affaire dont les médias parlent trop

Une nette majorité des Français (58%) jugent, par ailleurs, que les médias parlent trop de l'affaire Benalla. Un quart d'entre eux (26%) estiment que les médias sont dans la juste mesure, alors que 15% trouvent que le retentissement médiatique donné à l'affaire n'est pas suffisant.

Ce sentiment de saturation médiatique est à mettre en parallèle avec le gros succès d'audience de l'audition d'Alexandre Benalla mercredi au Sénat. Si les chaînes d'information qui l'ont retransmise ont réuni près de 750 000 téléspectateurs, le sondage révèle que plus de quatre millions de personnes ont suivi en intégralité ou en partie l'audition, soit plus de 8% de la population adulte. À cela doit s'ajouter ceux, trois fois plus nombreux, qui ont vu des extraits a posteriori, soit un quart des Français interrogés.

Les auteurs de l'enquête soulignent que l’impact de cette audition va encore bien au-delà des personnes qui y ont été personnellement exposées. À ces téléspectateurs ou auditeurs directs ou indirects, s’ajoutent tous ceux qui ont entendu parler de cette audition en voyant, lisant ou entendant des commentaires dans les médias. Au total les trois quarts des Français ont entendu parler de cette audition, selon ce sondage.

Les sénateurs convaincants

Sept Français sur dix (69%) s'étant intéressés à l'audition estiment qu'elle a été bien menée par les sénateurs. Ce jugement positif est même partagé par les trois quarts des sympathisants LR (75%) et RN (73%). Jugée intéressante (56%) et utile (54%) par les sondés, l'audition a été menée de manière équitable pour un Français sur deux (51%). Sur ce point précis, seul près de quatre Français proches de LREM sur dix (38%) estiment que l'audition a été menée équitablement.

Face aux critiques de la majorité estimant que les sénateurs vont au-delà de leurs prérogatives, 56% des personnes ayant pu voir toute ou partie de l'audition jugent au contraire que le travail de la commission d'enquête n'a pas interféré avec le procès en cours.
Six sur dix (62%) estiment, par ailleurs, que l'audition ne visait pas à nuire à Emmanuel Macron. Cette vision, en revanche, n'est pas la même pour les sympathisants LREM. Ils sont 58% à voir dans l'audition d'Alexandre Benalla une atteinte indirecte au chef de l'Etat.

Enfin, la commission d'enquête est perçue comme non-partisane par 65% des personnes interrogées, un sentiment globalement partagé sur tout l'échiquier politique dans des proportions similaires.

Enfin, pour trois Français sur quatre (75%) ayant suivi les débats, l'audition d'Alexandre Benalla devant la commission d'enquête n'a pas amélioré leur opinion sur l'ancien chargé de mission d'Emmanuel Macron.