"Le 'patron' est comme un fou" : Benalla revendique le soutien de Macron dans des enregistrements, datés de juillet

Dans ces enregistrements, que Mediapart assure avoir authentifiés, Alexandre Benalla affirme aussi avoir le soutien de Brigitte Macron ainsi que d'un proche du président.

Alexandre Benalla quitte le Sénat, où il a été auditionné, le 19 septembre 2018.
Alexandre Benalla quitte le Sénat, où il a été auditionné, le 19 septembre 2018. (ALAIN JOCARD / AFP)

De nouveaux éléments troublants dans l'affaire Benalla. Mediapart (article payant) publie, jeudi 31 janvier, les extraits d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, gendarme réserviste, le 26 juillet, soit quelques jours après leurs mises en examen pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public". Cette rencontre constitue une violation du contrôle judiciaire qui leur interdit tout contact. L'enregistrement semble avoir été effectué à l'insu des deux protagonistes.

Dans ces enregistrements, que Mediapart assure avoir authentifiés, Alexandre Benalla (qui venait d'être licencié) affirme toujours bénéficier du soutien d'Emmanuel Macron. "Truc de dingue, le 'patron' [Emmanuel Macron]hier soir il m’envoie un message, il me dit : 'Tu vas les bouffer. Tu es plus fort qu’eux, c’est pour ça que je t’avais auprès de moi. Je suis avec Isma [Ismaël Emelien, conseiller spécial du président], etc., on attend Le Monde, machin, etc."

Plus loin dans l'échange, Alexandre Benalla affirme, au sujet d'Emmanuel Macron : "Il fait plus que nous soutenir [...]. Il est comme un fou [...]." En plus du président de la République, Alexandre Benalla se vante d'avoir le soutien de "Madame [Brigitte Macron], Ismaël [Emelien], qui me conseille sur les médias et compagnie."  Ismaël Emelien n’a pas répondu aux sollicitations de Mediapart. L’Élysée a de son côté démenti, auprès de Mediapart, que le conseiller ait pu piloter la communication d'Alexandre Benalla.

Par ailleurs, Mediapart révèle qu'Alexandre Benalla s’est personnellement impliqué dans un contrat de sécurité avec un oligarque russe proche de Vladimir Poutine, soupçonné de liens avec la mafia. Or selon le site d'investigations, Alexandre Benalla a ensuite touché de l'argent en lien avec ce contrat, contrairement à ce qu'il a affirmé au Sénat.