Affaire Maurice Audin : Emmanuel Macron va "reconnaître la responsabilité de l'Etat", "c'est un moment historique" assure Cédric Villani

Le député LREM salue la décision d'Emmanuel Macron de reconnaitre la responsabilité de l’État dans la mort de Maurice Audin, torturé pendant la guerre d'Algérie.

FRANCE INTER / RADIOFRANCE

"Tout à l'heure, Emmanuel Macron va reconnaître la responsabilité de l'État" dans la disparition de Maurice Audin en juin 1957, a annoncé jeudi 13 septembre sur France Inter le député LREM et mathématicien Cédric Villani, qui porte ce combat "depuis des années".

La vérité c'est que Maurice Audin faisait partie de tous ceux qui ont été victimes d'un système. Pour moi, c'est un moment historique

Cédric Villani

à France Inter

Le 11 juin 1957, à Alger, "Maurice Audin est arrêté par l'armée française, et à partir de là, l'histoire officielle pendant très longtemps s'est arrêtée", a rappelé Cédric Villani. Maurice Audin, mathématicien, membre du Parti communiste et militant anticolonialiste, a été torturé par des parachutistes français.

Le corps de Maurice Audin jamais retrouvé

"La version que la famille Audin recevra systématiquement pendant des années, c'est que Maurice Audin s'est évadé et qu'il a disparu sans laisser de traces. Et quand on y repense, avec le recul, ce serait simplement risible si ce n'était pas aussi tragique", a poursuivi l'élu LREM.

Le chef de l'Etat va se rendre jeudi 13 septembre chez Josette Audin, la veuve de Maurice Audin et prononcera un discours. Une prise de parole "où on regarde l'histoire en face et où on prend bien garde de ne pas jeter le blâme sur tout le monde sans distinction mais où on invite tout le monde à parler et à panser les plaies", a précisé Cédric Villani.

Le président s'attachera à faire de ce moment, non pas un moment d'accusation mais un moment de vérité

Cédric Villani

à France Inter

Le député LREM a par ailleurs affirmé avoir eu Pierre Audin, le fils de Maurice Audin, au téléphone : "Pierre m'a dit : 'Je ne vois pas ce que j'aurais pu demander de plus à un président'. Voilà 61 ans que la famille attend cela", a conclu Cédric Villani.

Cédric Villani, député LREM, lors d\'un discours en mars 2018. 
Cédric Villani, député LREM, lors d'un discours en mars 2018.  (ETIENNE LAURENT / POOL)