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Christine Boutin fixe déjà les conditions de son désistement pour le candidat de la droite

Venue présenter les grandes lignes de son projet présidentiel, lundi 5 décembre, au Press Club à Paris, Christine Boutin, candidate du Parti chrétien démocrate, a assumé sa position de candidate de "premier tour" à la présidentielle de 2012.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Christine Boutin présente son programme présidentiel, le 5 décembre, au Press Club. (MARTIN BUREAU / AFP)

Venue présenter les grandes lignes de son projet présidentiel, lundi 5 décembre, au Press Club à Paris, Christine Boutin, candidate du Parti chrétien démocrate, a assumé sa position de candidate de "premier tour" à la présidentielle de 2012.

En présentant son projet présidentiel pour 2012, lundi, la candidate du Parti chrétien démocrate (PCD), Christine Boutin, s'est déclarée lundi "lucidement consciente" qu'elle ne serait "pas au second tour" du scrutin présidentiel.

La présidente du Parti chrétien démocrate a livré les conditions de son ralliement au candidat de la droite entre les deux tours de la présidentielle, voire même avant le 1er tour en cas d'intentions de vote élevées pour le Front national.

Candidate assumée de "1er tour"

"Il y a un certain nombre de choses auxquelles je tiens" et "qui feront l'objet d'une négociation", a martelé la candidate assumée de "premier tour". "Que ce soit avant, s'il y a un risque de Front national [au second tour] ou que ce soit le soir du premier tour", a précisé Mme Boutin. Après le retrait de sa candidature, elle négociera plusieurs points de son programme et rendra public le résultat de ces négociations, "qu'elles aboutissent ou non", défendant "un langage de vérité".

Opposée au mariage des homosexuels

Ces négociations porteront sur trois points qu'elle a cités : "réflexion pour la mise en place du revenu de base", "l'inscription du mariage, composé d'un homme et d'une femme, dans la Constitution" et "l'inscription des racines judéo-chrétiennes de l'Europe dans les futurs traités européens" qu'elle souhaite voir soumis à referendum.

"Je ne ferai prendre aucun risque à notre pays" face à la menace que Marine Le Pen soit présente au 2e tour "et pas la droite classique", a réaffirmé Mme Boutin, qui a du mal à réunir les 500 parrainages d'élus nécessaires pour se présenter.

"150 signatures" aujourd'hui

Aujourd'hui, Mme Boutin, déjà candidate à la présidentielle de 2002 (1,19% des suffrages), reconnaît avoir recueilli 150 signatures, mais "espère" toujours obtenir les 500 soutiens d'élus nécessaires.

"Je suis une femme d'espérance", rappelle-t-elle soulignant qu'elle ne "peut pas imaginer que dans un pays comme la France, République démocratique, pays des droits de l'Homme, il n'y ai plus la possibilité d'avoir une diversité de l'expression politique". Le cas échéant, elle y verrait un "symptôme excessivement grave pour la démocratie".

Mme Boutin accuse M. Copé

Concernant ces parrainages qu'elle "n'arrive pas à rassembler", elle accuse ouvertement l'UMP et particulièrement son secrétaire général Jean-François Copé d'exercer des pressions sur les maires de son parti pour qu'ils ne parrainent que le chef de l'Etat.

Sur ce point, elle annonce qu'elle va saisir le Conseil d'Etat et le Conseil constitutionnel estimant qu'"on cadenasse la démocratie". N'excluant pas de demander à la gauche de l'aider, Mme Boutin rappelle que "parrainer c'est soutenir la démocratie, ce n'est pas soutenir un candidat".

Sévèrement opposée au Pacs par le passé, Mme Boutin se prononce dans son projet contre le mariage homosexuel et l'ouverture de l'adoption à des couples de même sexe. Elle souligne en même temps que la personne homosexuelle est un "citoyen à part entière".

Un "revenu de base pour tous"

Mme Boutin, qui se dit "attachée à la répartition de la richesse", défend dans son projet un "revenu de base" pour tous les Français. Il s'élève à "400 euros par mois, et à 200 euros de zéro à 18 ans". Ce revenu, égal pour tous quelles que soient les ressources, serait conditionné à l'accomplissement d'un service national obligatoire, militaire ou civil. Elle chiffre le rétablissement du service militaire ou humanitaire à 7 milliards d'euros.

"Plus de droit au sol"

Sur la question de l'immigration, "problème qui se développe dans notre pays", la présidente du PCD préconise la suppression du droit du sol. Car "devenir Français, c'est une démarche, dit-elle, c'est accepter l'Histoire, les lois, etc.". Selon elle, un enfant né en France de parents étrangers, ou dont un seul parent serait français, devra accomplir "une démarche volontaire" pour acquérir la nationalité française.

Christine Boutin déclare, à tord, être "la seule" à vouloir cela, affirmant que Marine Le Pen "n'a pas du tout proposé la suppression du droit du sol".

Création d'un "euro-franc"

Parmi les autres mesures de son projet, Mme Boutin propose la création d'un "euro-franc". Cette monnaie, complémentaire à l'euro, dont l'Etat aurait le monopole de la création, serait réservée à l'achat des "produits courants" pour relancer la consommation intérieure sans endettement.

A propos de la relation franco-allemande, la candidate PCD a déclarée qu'elle n'était "pas choquée" par les propos à gauche de certains responsables socialistes sur l'Allemagne, ni par ceux de Nicolas Sarkozy en 2007, car ils reflètent selon elle "ce que pense l'opinion aujourd'hui". "Les Français n'accepteront pas d'être sous la tutelle allemande", ajoute Mme Boutin.

"Européenne convaincue", même si elle rappelle avoir voté contre le traité de Maastricht en 1992, Mme Boutin propose notamment de revenir sur l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) et de la mettre "sous l'autorité du politique".

Interrogée sur le nucléaire, Mme Boutin préconise d'"en sortir à échéance assez lointaine".

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