Valls veut "agir contre la diffusion" de "Minute", pour sa une sur Taubira

La garde des Sceaux n'envisage pas de porter plainte contre l'hebdomadaire, mais le ministre de l'Intérieur ne veut "pas laisser passer cela".

Le ministre de l\'Intérieur, Manuel Valls, pendant une session de questions au gouvernement, à l\'Assemblée nationale, le 12 novembre 2013.
Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, pendant une session de questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale, le 12 novembre 2013. (BERTRAND GUAY / AFP)

"Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane." Après ce titre jugé "abject" par le Parti socialiste, le gouvernement étudie les "moyens pour agir contre la diffusion" de l'hebdomadaire Minute, a déclaré Manuel Valls, mardi 12 novembre. L'allusion claire aux insultes racistes proférées contre la ministre de la Justice il y a quelques semaines ne passe pas. "Nous devons étudier dans les heures qui viennent les moyens que nous pouvons prendre pour agir contre la diffusion de ce journal. Nous ne pouvons pas laisser passer cela", a déclaré le ministre de l'Intérieur, en marge d'un colloque à l'Assemblée nationale.

Manuel Valls juge la une de l'hebdomadaire "révoltante", "insupportable par la personne qu'elle attaque, Christiane Taubira, mais aussi par l'aspect révulsif que cela provoque". Il affirme étudier, avec la Garde des Sceaux et la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, les moyens d'empêcher la diffusion de ce "magazine qui attaque ce qu'il y a de plus profond, non seulement de la République, mais aussi de notre pays".

Le ministre de l'Intérieur n'a pas précisé comment le gouvernement comptait agir. Christiane Taubira a en tous cas balayé l'idée de déposer plainte, estimant que ce serait "faire augmenter les ventes de l'hebdomadaire de 10%"Une analyse partagée par Richard Malka, avocat spécialiste du droit de la presse, contacté par francetv info. "Ce titre de une a été choisi pour éviter une condamnation. Les choses sont compliquées car les phrases sont anodines. (...) La charge ne se comprend qu'avec le contexte, et c'est le contexte qui fait que le message est horrible."