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Centrafrique : consensus autour de l'opération militaire

Le Parlement doit se prononcer ce mardi sur la prolongation de l'opération Sangaris, en Centrafrique. Mais si le feu vert fait peu de doute, les débats s'annoncent plus animés qu'en décembre, en raison des difficultés rencontrées par les troupes françaises sur le terrain. L'opposition en particulier peine à trouver une position commune.
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Radio France
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François Hollande avait promis une opération rapide. Mais c'était en décembre. Entre temps, la réalité du terrain a rattrapé le calendrier. Et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, reconnaît que "ça sera plus long que prévu ". Si la situation est plus calme à Bangui, la présence des militaires français n'a pas réussi à enrayer le cycle des représailles entre chrétiens et musulmans. Du coup, des dizaines de milliers de musulmans ont fui vers le nord du pays et la persistance des groupes armés a provoqué une explosion de la criminalité.

Loin de préparer un retrait, la France a renforcé ses effectifs en Centrafrique, envoyant 400 militaires de plus. L'opération ayant dépassé les quatre mois, le Parlement est donc appelé à valider, ou non, sa poursuite.

Débat houleux en prévision

Face à cette situation le débat devrait être plus houleux que celui - sans vote - de décembre. Si le "oui" a toutes les chances de sortir ce mardi soir (car les groupes parlementaires voteront pour, cy compris les communistes) plusieurs personnalités politiques ont exprimé leurs fortes réserves ou même leur désaccord, rompant avec l'atmosphère d'union sacrée qui prévalait jusqu'ici.

L'ex-ministre Bruno le Maire a ainsi pris position contre la prolongation. C'est surtout l'isolement de la France qui est pointé du doigt : "la France est le seul Etat explicitement mentionné pour une intervention en Centrafrique " dans la résolution de l'ONU, déplore Bruno Le Maire. Le coût financier de l'intervention pose aussi problème.

D'autres députés, comme Axel Poniatowski, annoncent qu'ils vont s'abstenir : "Cette affaire tourne à l'opération policière, et non plus militaire ", note-t-il. Il craint par ailleurs que la France ne se trouve accusée de parti-pris anti-musulman dans un contexte de génocide. Mais le député des Français de l'étranger Alain Marsaud, dont la circonscription couvre la Centrafrique, est pour sa part sans réserve : "Si nous partons, ce sera un massacre. Nous devons agir, être présents ". L'opposition peinera sans doute à définir une position commune : "ce sera une ligne de crête ", admet-on au groupe UMP.

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