En privatisant la Française des jeux, l'Etat pourrait empocher près de 2 milliards d'euros

La somme tirée de l'opération permettra d'abonder le fonds pour l'innovation et l'industrie. 

\"Entrez dans l\'histoire, entrez dans le capital\", affiche la Française des jeux le 7 novembre 2019 sur son siège de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), alors que la souscription pour réserver ses actions débute ce jour.
"Entrez dans l'histoire, entrez dans le capital", affiche la Française des jeux le 7 novembre 2019 sur son siège de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), alors que la souscription pour réserver ses actions débute ce jour. (ERIC PIERMONT / AFP)

Le jackpot pour l'Etat ? Avec la privatisation de la Française des jeux, l'Etat pourrait empocher près de 2 milliards d'euros grâce à la cession de 52% de l'entreprise. La souscription pour réserver ses actions a débuté jeudi 7 novembre en vue d'une entrée en Bourse le 21.

La somme tirée de l'opération permettra d'abonder le fonds pour l'innovation et l'industrie. Même après la privatisation, l'Etat continuera d'empocher les quelque 3,5 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales versées chaque année par la Française des jeux.

"Cette privatisation doit donner de nouvelles perspectives de développement à la Française des jeux. Ce n'est pas une privatisation comme ça, mais une vraie politique réfléchie. Et l'Etat reste présent au capital et gardera 20%", a déclaré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lors d'un point-presse au siège du groupe.

Un tiers des actions réservé au grand public

Mercredi soir, il avait dévoilé dans Le Parisien la fourchette de prix fixée pour chaque action : entre 16,50 et 19,90 euros. L'Etat devrait profiter de cette opération pour renflouer ses caisses et attend entre 1,6 et 1,9 milliard d'euros – sans intégrer la décote de 2% annoncée pour les investisseurs particuliers – selon un calcul de l'AFP.

Jusqu'à un tiers des actions seront réservées au grand public. Pour convaincre les petits épargnants, plusieurs avantages leur sont réservés : une décote de 2% sur les titres qu'ils achèteront, et une action gratuite pour dix achetées si elles sont détenues pendant 18 mois.

La privatisation de la Française des jeux constitue un test grandeur nature pour tenter de réconcilier le grand public avec la Bourse : les petits porteurs ont été mis à mal par la crise de 2008, et gardent en tête les exemples des entrées en Bourse d'EDF (2005) et France Télécom (1997), dont les cours restent aujourd'hui en dessous de leur niveau d'introduction.